Lettre du 19 déc. 1771, Reg. IV, p
254 i/ÉGUSD DU CANADA
Le curé de Lotbinière était Jean-Baptiste Gatien, édifiant ecclésiastique, mais que les difficultés décourageaient aisément. Il en avait pour la bâtisse d'un presbytère. Msr Briand lui avait donné des avis et même des ordres à ce sujet, dans sa visite ; et il se voit obligé de lui écrire plus tard :
"Prenez garde, mon cher Gatien; consultez, quand il s'agit de lois, car c'est un gros mot chez les Anglais.
" Vous ne pensez pas, je crois, m'avoir plu, en me menaçant de vous retirer sur votre terre. Tous mes prédécesseurs ont toujours blâmé, selon l'esprit de l'Eglise, les curés qui se sont appliqués à se faire des biens, et les ont regardés comme des prêtres qui se ménageaient des villes de refuge et des forteresses pour se défendre contre la discipline. Je vous connais, et j'ai toujours pensé que vos vues n'étaient pas telles, mais vous m'avez affligé par cette menace. Il ne faut point parler ainsi avec un évêque qui aime ses prêtres, et qui les protège autant que je le fais, bien moins encore, mon cher fils, dans la circonstance présente, que votre patrie manque de curés. . .
" Vous avouez que vous n'avez pas exécuté les ordres donnés dans ma visite, assez tôt. Avouez aussi que vous avez eu tort, et que c'est ainsi que dans le diocèse les curés se rendent bien coupables, qu'il n'y a point de pays où il fallût plus de docilité et où l'on eût plus de raison d'en avoir, et peut-être point où l'on n'en eût moins. Pourquoi ? Je ne sais trop: ou, si je le sais, il n'est pas nécessaire de le dire 12. . . "
Le P. Théodore Loiseau, lui aussi, avait bien ses difficultés à Sainte-Croix, mais d'un autre genre: un mariage à la gaumine, suivi d'une excommunication, avec toutes ses conséquences. Mais nous ne voulons pas entrer dans ces détails, qui nous mèneraient bien trop loin. Qu'il nous suffise de dire qu'on est surpris, en parcourant les archives, de voir