CHAPITRE XXV
PREMIÈRE VISITE PASTORALE DE Mgr BRI AND (suite)
DE la Baie-du-Febvre, Msr Briand se rendit à Saint- François, que desservait un prêtre séculier, M. Parent. Bécancour, qu'il visita pendant qu'il était aux Trois-Rivières, était desservi, comme la paroisse des Trois-Rivières ellemême, par les Récollets. A partir de Lévis, à l'exception de trois paroisses, Saint-Antoine, Lotbinière et Nicolet, toutes les autres, Saint-Nicolas, Sainte-Croix, Saint-Jean Deschaillons, Saint-Pierre les Becquets, Bécancour, avaient pour desservants des Récollets, et celles qui faisaient exception en avaient eus auparavant. Quelles sont les paroisses un peu anciennes, dans notre pays, qui n'ont pas eu, dans leurs commencements, pour desservant ou missionnaire quelque Père Récollet? Quelle reconnaissance, par conséquent, ne doit pas l'Eglise du Canada à ces bons religieux, qui nonseulement vinrent ici, à l'origine de la colonie, établir le règne de la foi, mais contribuèrent efficacement à l'y maintenir?
Yamaska était desservi par le P. Germain, de la Compagnie de Jésus, et comptait environ cinq cents âmes.
Sorel et l'Ile du Pads appartenaient au gouvernement de Montréal, dont l'administration était spécialement confiée au grand vicaire Marchand. Ces deux paroisses étaient desservies par le même curé, M. Fillau-Dubois, et l'Evêque en fit la visite le 10 juin. Le lendemain il était à l'Immaculée Conception de Saint-Ours, desservie par M. Youville de la Découverte, l'un des deux fils de Mme cl' Youville, et le 12 à Saint-Denis de Richelieu, desservi temporairement par le
curé de Sant-Antoine, M. Gervaise, pendant la maladie du curé Frichet :
"J'ai bien de la peine de la maladie du pauvre Frichet", écrivait Mgr Briand à M. Marchand.
Il mourut en 1774, et fut remplacé à Saint-Denis par M. Cherrier, qui venait d'être ordonné :
" Notre cher Cherrier, écrivait-il à son grand vicaire, sera, je l'espère, un prêtre fervent. "
Il le fut, en effet, devint vicaire général du diocèse; et il était regardé comme un des prêtres les plus distingués, les plus sages, les mieux avertis du district de Montréal.
Presque en même temps que le curé de Saint-Denis, s'éteignait à Charlesbourg le curé Morisseau:
" Je viens encore de perdre ce matin M. Morisseau, de Charlesbourg, écrit le Prélat à un de ses prêtres, et en vous écrivant j'en ai encore le cœur tout navré de douleur. "
Il avait perdu auparavant M. Marcou, curé de Saint- Joachim, et l'avait remplacé par M. Corbin, jeune prêtre nouvellement ordonné.
Peu de temps avant la mort de M. Marcou, un triste accident était arrivé du côté de Montréal. Un prêtre de Saint- Sulpice, M. Clément Pages, curé de la Pointe-aux-Trembles, s'était noyé non loin de Verchères, et M. Marchand avait écrit à l'Evêque que des gens malveillants avaient fait làdessus des commentaires peu charitables :
" Vous avez su sans doute, lui disait-il, que le corps de M. Pages a été trouvé dans les Iles Bouchard, paroisse de Verchères. Les bailli f s de l'endroit ont levé le corps, l'ont visité; après quoi il a été inhumé avec les cérémonies ordinaires. Tout s'est passé fort tranquillement. Cette affaire a fait tenir bien des propos, et causé du chagrin à MM. du Séminaire \ "