Lettre du 26 avril
3. Le 20 déc. 1766. Noël était du diocèse de Rouen, Casot, de l'évêché de Laon.
sans compter le P. Girault de Villeneuve, missionnaire des Sauvages de Lorette, qui y venait très souvent. On imagine aisément quel était le sujet des conversations dans les quelques heures que Msr Briand allait passer avec eux chaque semaine : on s'entretenait de ceux qui étaient en mission aux Illinois, au Détroit, et ailleurs. Mais le sujet principal des entretiens devait être, sans doute, la persécution qu'avaient à souffrir les Jésuites dans presque tous les pays d'Europe, et les nouvelles les plus récentes qu'on avait reçues. Ah, comme Mgr Briand souffrait lui-même de cette persécution! Il ne cesse d'en parler dans sa correspondance. Il ne pouvait se faire à l'idée que les Jésuites étaient chassés pour toujours de son pays natal: ils l'avaient été en 1762. Ecrivant au cardinal Castelli en 1772:
" Les Jésuites de France sont, m'a-t-on dit, déjà rappelés d'exil. J'espère que cette œuvre s'achèvera, et qu'ils obtiendront bientôt de reprendre leurs anciens exercices qui ont été si utiles à l'Eglise et au monde entier.
"Les Anglais, ajoute-t-il, ne les ont point molestés en Canada, et ils y servent l'Eglise avec beaucoup d'édification, aussi bien que les Récollets. Mais ni les uns ni les autres n'ont permission de recevoir des sujets. Je l'ai demandé au Roi de la Grande-Bretagne par une adresse signée du clergé et du peuple. Je crains fort de ne pas l'obtenir. Voilà deux ans écoulés, et je n'ai pas de réponse 4. "
On le voit, toujours même politique de la part du gouvernement; pas de persécution ouverte, bons traitements, au contraire; mais rien d'assuré pour l'avenir.
Le Prélat écrit également au P. Meurin :
' La Compagnie de Jésus subsiste toujours ici dans une grande tranquillité, travaillant avec son zèle et son succès ordinaire à la gloire de Dieu et au salut des âmes, chez les