‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 163 sur 220 · Lettre du 15 août · texte numérisé non relu

Lettre du 15 août

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sauvages, dans leurs deux maisons (de Québec et de Montréal), et quelques-uns dans des paroisses françaises. Ils sont bienvenus chez le Gouverneur, invités à dîner comme le reste du clergé, qui est honoré et recherché par tous les Anglais, surtout de l'armée 5. . . "

Nous venons de dire que Mgr Briand ne pouvait se faire à l'idée que les Jésuites ne rentreraient pas bientôt en France. A plus forte raison, n'aurait-il jamais cru à la dissolution de leur Société par le Chef même de l'Eglise. Il avait une grande confiance dans le Souverain Pontife Clément XIV, qui appartenait, comme on sait, à l'Ordre des Franciscains:

" Je vous supplie, écrit-il au cardinal Castelli, de m'obtenir la bénédiction de Notre Saint-Père, pour lequel je suis plein de vénération, de soumission et d'un respect vraiment filial. Que j'eus de joie, quand j'appris son exaltation! Ma première réflexion fut ce songe qu'eut Innocent III au sujet de saint François d'Assise, et je l'ai souvent répété à mon clergé et à mon peuple. Ce que l'on me marque d'Europe à son sujet me confirme dans cette consolante espérance 6. . . "

Il alla même, comme nous l'avons vu, jusqu'à écrire au Souverain Pontife pour le supplier de ne jamais consentir à ce que lui demandaient les Puissances européennes : la dissolution de la Compagnie de Jésus. Sa lettre, qui d'ailleurs n'aurait eu probablement aucun effet, resta, nous ne savons comment, toute une année en Angleterre, et n'arriva à destination qu'après l'exécution 7. Nous avons dit quelle fut la douleur de notre pieux Prélat.

Pour lui, sa résolution était prise : adoucir autant que pos-

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