‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 181 sur 220 · Lettre <*.u 11 juin · texte numérisé non relu

Lettre <*.u 11 juin

Enfin, cinq ans plus tard, il écrivait encore au sujet du jeune missionnaire :

" M. Gibault est depuis la fin de janvier en courses apostoliques, dont il vous rendra compte de Michillimakinac. Il ne doit revenir qu'à la Toussaint, si l'envie ne lui prend pas d'aller jusqu'en Canada. Sa paroisse, la mienne et les Caokias souffriront un peu de son absence. Que Dieu veuille bénir ses travaux et les miens 21 ! . . . "

Et le pieux Jésuite, qui venait d'apprendre la dissolution de la Compagnie de Jésus, ajoutait pour lui-même ces lignes si touchantes:

" Je supplie votre charitable bonté de devenir paternelle pour moi, et de m'admettre entièrement au nombre des vôtres. . . Je m'estimerais heureux si dans le peu qui me reste de vie, je pouvais réparer les lâchetés et les négligences dont je me suis rendu coupable dans l'espace de trente-trois ans. Si vous voulez bien m'adopter, je serai sûr que vous me pardonnerez et demanderez miséricorde pour moi. . .

" Grâces à Dieu, je ne crois pas avoir jamais eu aucune part à ce que Rome reproche au corps de la Société, et me soumets humblement à la peine. "

De son côté, Gibault écrivait souvent à son évêque, qui appréciait de plus en plus le zèle de son jeune missionnaire:

" J'ai reçu votre lettre, lui répond un jour Msr Briand, lorsque je prenais, après ma messe, un morceau au réfectoire avec M. Pressait. Nous avons pleuré l'un et l'autre à sa lecture. Vous vous exprimez d'une façon propre à toucher, et mon affection pour vous, qui doit vous être connue, a augmenté de tendresse 22. "

Dans une de ses lettres, Gibault expliquait à sa manière

21. Lettre du P. Meurin à Mgr Briand, Prairie du Rocher, 29 mars

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