Archiv. de l'Ev. de Q., Reg. HT des Lettres
George II meurt le 5 octobre 1760, et son fils lui succède sous le nom de George III ; puis ont lieu son couronnement, et son mariage avec la princesse Charlotte de Mecklembourg- Strelitz, et au mois d'août 1762 la naissance du Prince de Galles : autant d'événements qui font l'objet de divers mandements de la part des trois grands vicaires de Québec, des Trois-Rivières et de Montréal : ils ordonnent des Te Deum dans toutes les églises. Celui de M. Briand nous a toujours paru spécialement remarquable par la mesure qui y règne. Il ne dit que ce qu'il faut dire : ut jam nanc dicat jam nunc debentia dici 8. Il ne dit pas un mot de George II, qui, après tout, ne fut par lui-même qu'un homme assez médiocre, et dont tout le mérite — mérite fort louable, d'ailleurs — fut de laisser gouverner à sa place deux grands ministres, Walpole et William Pitt (Lord Chatham), " qui affermirent son trône et lui donnèrent un règne glorieux 9 ". Briand se contente d'inviter les peuples " à donner des témoignages publics de leur attachement et de leur joie ", à l'occasion de l'avènement et du mariage de George III :
" Il est juste, dit-il, qu'en sujets fidèles nous prenions part à la joie des peuples qui le reconnaissent pour souverain, et que nous unissions nos vœux à ceux qu'ils adressent au Ciel pour le bonheur de leurs Majestés 10. "
Dans leurs mandements, les trois grands vicaires ordonnaient de mentionner dans la prière du Grand Prône le nom du Roi et de la famille royale. M. Briand allait plus loin que ses deux confrères : il ordonnait que le nom du Roi George fût aussi mentionné au Canon de la messe ". Il en fut blâmé