M and. des Ev. de Q., t. II, p
11. Les anciens Missels français — nous en avons un imprimé à Paris en 1691 — laissaient un blanc pour le nom du Roi immédiatement après Antistite nostro dans la prière Te igitur du Canon de la messe.
24 i/ÉGUSE DU CANADA
par quelques membres du clergé, et spécialement par M. Gravé; et voici ce qu'il écrivait là-dessus au grand vicaire Perreault :
" J'ai été plus loin que vous, mais les ordres étaient formels. Je ne crois pourtant pas m'être écarté des principes qui vous ont déterminé. Le droit ne distinguant point entre prières publiques et la messe, j'ai cru qu'on pouvait nommer dans le Canon, et je le crois encore, un Roi qui n'est pas nommément excommunié. Un petit nombre, pourtant, du clergé de Québec s'est récrié, mais point de raisons probantes, plus de préjugé que de fondement dans leur opposition; et ce n'est point ce qui doit nous déterminer. . . "
Puis il ajoutait: "Voici le détail des ordres que j'ai reçus: litanies, prières, collectes, oraisons et autres endroits du service divin où l'on priait ci-devant pour le Roi 12. "
C'est-à-dire que le Roi de la Grande-Bretagne, tout protestant qu'il était, entendait être mis absolument sur le même pied que ci-devant le Roi de France dans les prières publiques de ses nouveaux sujets, les catholiques du Canada.
Ecrivant à M. Montgolfier sur cette question de la mention du roi George au Canon de la messe :
" M. Gravé était contre, lui disait M. Briand ; il était presque le seul opposant. Je pense qu'il serait mal de ne pas nommer George au Canon, si on le peut faire, aussi bien que de le faire, si on ne le doit pas. Pour moi, ajoutait-il, je n'ai pu souffrir qu'on m'apportât pour raison, qu'il est bien dur de prier pour ses ennemis. Ils sont nos maîtres, et nous leur devons ce que nous devions aux Français quand ils l'étaient. L'Eglise défend-elle à des sujets de prier pour leur Prince? Les catholiques du royaume de la Grande-Bretagne ne prientils point pour leur Roi? "