Ps. 68, v
8. Lettre du 20 mars 1775, citée dans les Anciens Canadiens, p. 405.
Il était alors de mode comme aujourd'hui de vanter le peuple canadien, sa foi, sa religion. Nous avons vu que le gouverneur Murray faisait lui-même notre éloge dans son Rapport à la Cour : " C'est une race forte et saine, disait-il, vivant dans une grande simplicité de mœurs. " Fort bien. M. Briand, qui connaissait les Canadiens mieux que personne, ne niait pas leurs qualités ; au contraire, il les appréciait, il admirait surtout leur attachement à la foi de leurs pères : mais il ne se faisait pas illusion sur leurs défauts, sur les désordres qui régnaient parmi eux ; et, pour ne parler que de leur attachement, souvent désordonné, aux biens de la terre:
"Vous connaissez les habitants, écrivait-il un jour au juge Panet, leur avarice, leur fourberie, et préparation de cœur à tout pour les biens 9. . . "
Il ne se faisait pas non plus illusion sur les défauts, les misères, les quelques désordres même qui faisaient ombre sur le tableau généralement si beau de notre clergé. Ayant été associé intimement à l'administration du diocèse depuis près de vingt ans, il connaissait à fond tous les prêtres, tous les religieux de notre Eglise. Le clergé canadien, en général, était bon, régulier, plein d'ardeur pour le bien : il y avait même de véritables saints. Mais aussi il y avait des choses à reprendre, à réformer! et cela s'explique aisément par le désordre des temps : pas de retraites pastorales, où les curés pussent se retremper dans la ferveur; peu de facilité de se voir, de se rencontrer, à cause de la guerre, peu de facilité, par conséquent, de s'avertir, de se reprendre, de se donner de bons conseils, peu de facilité pour l'Evêque d'exercer une surveillance minutieuse, pourtant nécessaire. Et cependant, malgré tout cela, de grands exemples de vertu: témoin ce