Reg. III des lettres, lettre du 29 avril
curé du district de Québec, dont M. Briand écrivait, dans l'automne de 1 762 :
" Je crois que depuis douze ans qu'il est prêtre, il fait encore le règlement du séminaire, pour les exercices spirituels 10. "
En acceptant la charge de vicaire capitulai re pour administrer le diocèse, M. Briand était bien décidé à faire son devoir. Mais quelle charge pour un simple prêtre, sans le caractère épiscopal, qui donne tant de force à celui qui en est revêtu! Quelle charge, surtout, quand on a la perspective qu'il faudra peut-être l'exercer longtemps !
Dans la correspondance de M. Briand avec ses confrères les autres grands vicaires et les curés du diocèse durant les cinq années, de 1760 à 1764, qu'il gouverna l'Eglise de Québec, avant de passer en Europe pour la succession de l'épiscopat, on ne sait ce qu'il faut le plus admirer de sa vigilance, de sa fermeté et de son courage, de son zèle pour le bien, sans acception de personnes, et de la bonté avec laquelle il sait adoucir ses plus vertes réprimandes.
Nous n'entreprendrons pas de reproduire ni même d'analyser cette correspondance. Nous n'en citerons que certaines parties pour donner une idée du travail et de la vigilance de M. Briand, et de ses qualités comme administrateur. Et tout d'abord, que de choses dans cette simple phrase d'une lettre qu'il écrivait au grand vicaire Perreault en 1762!
" Il n'est presque aucun prêtre que je n'aie été obligé de reprendre, si vous en exceptez huit à dix. "
Nous avons vu ce qu'il pensait des Canadiens, de leur avarice, de leur trop grand attachement aux biens de la terre. Il remarque ce désordre dans quelques membres du clergé, et il entreprend de l'extirper, si possible. Il commence par un de ses amis, un des prêtres les plus distingués de l'époque,