‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 38 sur 220 · Lettre du 10 mars · texte numérisé non relu

Lettre du 10 mars

" Vous ne me dites rien de vos études : elles sont nécessaires au ministre, sans quoi on se perd en perdant les autres. Je vous ordonne deux heures de la théologie morale par jour, lorsque vous ne serez point en voyage. Vous ne devez point le trouver étrange: i° parce que c'est une marque que j'ai confiance en votre obéissance; 2° parce que j'aime votre âme, et que c'est un devoir pour moi 4. "

Avec les religieux, il était généralement sûr d'être écouté, soit directement, soit indirectement par l'entremise des supérieurs ; mais avec les prêtres séculiers, que d'ennuis n'éprouvait-il pas quelquefois ! S'ils avaient personnellement un peu de bien, profitant du petit nombre de prêtres qu'il y avait dans le diocèse, ils lui mettaient le marché en mains, et menaçaient de quitter le ministère pastoral et de se retirer sur leurs terres, si les choses n'allaient pas à leur goût. C'est la menace que lui faisait un jour un de ses curés : si grand était l'esprit d'indépendance qu'avait engendré la vacance prolongée du siège épiscopal. :

" J'ai différé de répondre à votre lettre ironique et peu respectueuse, pour le faire d'une manière moins pénible pour vous, lui écrit M. Briand. Ce n'est point moi qui vous ai placé dans cette paroisse. M. Perreault, à qui je l'avais déjà refusée plusieurs fois, parce que j'avais fait mes arrangements, comptant y mettre M. Hingan, qui m'en eût remercié, fit tant que je ne pus lui refuser une grâce qu'il croyait vous faire, et à laquelle, au reste, je n'étais pas fâché de participei . Vous vous trouvez mal ; ce n'est pas ma faute. J'ai parlé à M. Murray pour faire sortir les Officiers de votre presbytère 5 ; il a donné des ordres 6 ; je pense qu'ils seront écou-

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