‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 45 sur 220 · POUR UN ÉVÊQUE AU CANADA · texte numérisé non relu

POUR UN ÉVÊQUE AU CANADA

Nous avons cité le mandement que publia M. Briand le 4 juin 1763 à l'occasion du Traité de Paix conclu à Paris1 le 10 février précédent entre la France, l'Angleterre et l'Espagne. Le même jour, quelques-uns des principaux bourgeois de Québec 2 présentaient une adresse au gouverneur Murray pour lui exprimer leurs sentiments de joie à l'occasion de cet événement:

" La voilà donc descendue du ciel, disaient-ils, cette paix si désirée, qui non seulement procure l'union et la tranquillité à toute l'Europe, mais encore aux autres parties du monde. Par la publication qui nous en a été faite, nous sommes agrégés sans retour au corps des sujets de la couronne d'Angleterre. Tels sont les décrets de l'Etre Suprême. C'est à nous de nous y conformer, et d'être aussi fidèles sujets de notre nouveau monarque, que nous l'avons été, ou dû être, du Roi de France. Hé, comment ne le serions-nous pas, après avoir éprouvé, en qualité de sujets vaincus, de la manière la plus marquée, la douceur, la justice et la modération

1. Et non pas "à Versailles", comme le dit l'auteur de la "Seigneurie de Lauson", (t. II, p. 358).

2. Voici leurs noms : Amiot, Larocque, Boisseau, Dunière, Duf au, Tachet, Charest, Terrill, Boisseau fils, Morin, De Plaine, Conefroy, Parent, Voyer, Lemaître la Morille, André Picard, Lajus, A. Dumas, L. Dumas, Desaulniers, H. Mounier, F. Mounier, Launière, De Vienne, Lemieux, Soupiran fils, Frémont, Pélissier, Saillant, Sanguinet, Moreau, Cureux, Voyer, Poney, Riverin,, Panet.

de son gouvernement, après la bonté paternelle qu'il a eue pour nous, de nous ménager le paiement de nos billets et lettres de change, seule ressource qui nous restait après les malheurs que nous avons essuyés par les fléaux inséparables de la guerre, enfin en nous ayant traités comme ses anciens sujets? Que n'avons-nous donc pas lieu d'espérer actuellement?

" Agréez donc, monsieur, dans ce jour, qui est l'époque de la naissance de notre Roi 3, les vœux sincères que nous faisons au Ciel pour la conservation de sa personne et de toute la famille royale. Ajoutez à toutes les bontés que vous avez toujours eues pour nous, depuis que vous êtes notre gouverneur, celle de les faire parvenir jusqu'au trône de Sa Majesté. Assurez-la de notre fidélité par la soumission que nous avons eue ci-devant. Vous avez été notre consolation dans les temps les plus critiques et les plus fâcheux : nous espérons vous avoir pour notre père et notre gouverneur 4. Et nous vous assurons, monsieur, non de bouche, mais de la sincérité de nos cœurs, que nos vœux seront accomplis 5. "

Le Traité de Paris, rédigé en français, et divisé en vingtsept articles, portait les signatures du duc de Bedford, pour Sa Majesté Britannique, du duc de Choiseul, pour le Roi Très-Chrétien, et du marquis de Grimaldi, pour Sa Majesté Catholique. Par un article séparé, Sa Majesté Très-Fidèle, le Roi de Portugal, lui donnait son adhésion.

C'est le quatrième article de ce Traité qui fixait le sort du Canada : " Sa Majesté Très-Chrétienne cède et garantit à Sa Majesté Britannique, en toute propriété, le Canada avec toutes ses dépendances. . . " D'un trait de plume Louis XV

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