‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 46 sur 220 · George III naquit le 4 juin · texte numérisé non relu

George III naquit le 4 juin

4. Murray fut en effet nommé " Capitaine Général et Gouverneur en chef de la Province de Québec ". Sa Commission est du 21 nov. 1763. (Constitntional Documents, t. I, p. 126).

5. Archiv. du Canada, Correspondance de Murray, Q. r., p. IOO.

APRÈS LA CONQUÊTE 6î

renonce à l'un des plus beaux joyaux de sa couronne : la Fiance perd un immense domaine, plus grand que toute l'Europe, rempli de ressources infinies, acquis au prix de tant de sueurs et de travaux: les enfants de la France se voient tout-à-coup détachés de leur mère, et du jour au lendemain sujets anglais, avec l'assentiment du Prince à qui ils avaient donné le titre de " Bien-Aimé " et voué toute leur confiance ! Ah, l'ironie des mots ! la vanité des choses humaines ! et comme il convient peu de se reposer sur elles ! Nolite confidere in principibus, in quibus non est salus 6.

D'un autre trait de plume, le sort de notre Eglise est fixé, lui aussi : " Sa Majesté Britannique convient d'accorder aux Habitants du Canada la liberté de la Religion catholique. En conséquence, Elle donnera les ordres les plus précis et les plus effectifs pour que ses nouveaux sujets Catholiques Romains puissent professer le culte de leur Religion selon le Rite de l'Eglise Romaine, en tant que le permettent les Lois de la Grande-Bretagne." Le commencement est très beau; mais la fin ne le gâte-t-elle pas? In cauda venemtm. Ces lois de la Grande-Bretagne, où les catholiques sont si maltraités, assujétis au serment du test, avec interdiction de tout rapport avec Rome, sont-elles bien favorables à la liberté de la Religion Catholique Romaine? Les auteurs du Traité ne semblent-ils pas ôter d'une main ce qu'ils offrent de l'autre ? Et le Canadien, qui s'entend dire par ses nouveaux maîtres : " Nous vous accordons la liberté de pratiquer la Religion Catholique Romaine, " n'a-t-il pas quelque raison de leur dire : Timeo Danaos et dona ferentesf

Choiseul, aussi bien que Vaudreuil lors de la capitulation de Montréal, fit tout ce qu'il put pour repousser ce texte insidieux : il aurait voulu qu'au lieu de cette phrase malencontreuse, on mît tout simplement: comme ci-devant. Exemple

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