‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 48 sur 220 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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plutôt connu en Canada, que toute la population fut jetée dans la plus grande consternation 1X ". Nous n'en croyons rien. C'est là du sentiment, et non de l'histoire. Nous n'avons rien trouvé dans les archives, — et nous n'écrivons que d'après les archives — qui justifie cette assertion. Au contraire, nous lisons expressément dans une lettre de M. Briand à M. Jollivet, curé de Montréal, lettre datée du mois d'octobre 1 763 :

" Il est étonnant combien il paraît d'indolence dans le peuple canadien pour s'assurer sa religion. " Et il ajoutait: " Quelle différence de nos villes de France ! Cela vient peutêtre de ce qu'il n'y a point de corps ni de maison de ville. Si vous ôtez cinq à six de nos bourgeois, tout le reste demeure dans une stupide et grossière ignorance 12. "

Nos Canadiens, sans doute, sont éminemment catholiques et attachés à la foi de leurs pères. Mais il faut du temps pour leur faire comprendre et admettre que cette foi est en danger, bien plus de temps que s'il s'agit de leurs intérêts purement matériels. Et cela ne regarde pas seulement les habitants des campagnes, mais même ce que l'on est convenu d'appeler la classe instruite, à quelques exceptions près, peutêtre, comme dit M. Briand. Dans le cas qui nous occupe actuellement, ils finiront par se remuer, du moins un certain nombre, pour avoir un évêque; mais il y aura peu ou point d'enthousiasme.

Le croirait-on, si la chose n'était prouvée par la correspondance de l'époque? il y avait même quelques membres du clergé qui se montraient indifférents dans une affaire d'une si grande importance, et un plus grand nombre — à la tête desquels était le curé de Québec lui-même, M. Récher — qui étaient prêts à faire le sacrifice de l'épiscopat canadien en

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