Mand. des Ev. de Q., t. II, p
5 Lettre de Thomas Mills à Mgr Briand, citée dans les Recherches historiques, vol. XVI, p. 4.
6. Lettre de Mgr Briand à M, de Vienne, 13 mars 1779. — Il était, croyons-nous, l'agent d'affaires du seigneur de Saint-Ours.
fois à Londres pour l'affaire de l'épiscopat canadien, en 1763, en 1764 et eni7Ô5 : il y resta longtemps chaque fois; et il nous assure que son dernier voyage lui coûta dix mille livres, et les deux premiers quinze mille 7. M. Briand n'avait pas ces ressources: que de sacrifices ne dut-il pas s'imposer! que de privations! que de dénuement peut-être! Mais il ne s'en plaint pas.
Ce dont il se plaint, c'est des lenteurs inconcevables, dans les bureaux, pour l'expédition des affaires, c'est des atermoiements, des indécisions, des changements d'opinion du jour au lendemain, c'est surtout de l'obligation humiliante où il se voit réduit, de solliciter, de quémander, pour ainsi dire, une faveur, qu'il a en horreur pour lui-même, qu'il n'a accepté de demander que pour le bien de l'Eglise du Canada. Et en effet, y eut-il jamais autre exemple d'un homme obligé malgré lui — obligé en conscience 8 — de rechercher l'épiscopat? Briand en est tout humilié, et, malgré sa vertu, ne peut s'empêcher de s'en plaindre à ses amis :
" Je profite de l'occasion de M. Deschambault, écrit-il à M. Marchand, pour vous informer de l'état de nos affaires. Elles sont à peu près dans le même état, guère plus avancées. Au moment où nous allions être expédiés, il est survenu des brouilleries entre le Roi et ses ministres, et ceux-ci, après avoir été plus de deux mois sans vouloir travailler 9, viennent d'être remerciés et remplacés par d'autres, auprès desquels il faut encore renouveler les sollicitations et les poursuites. Vous comprenez ma situation et mes sentiments. Je vous avoue que c'est tout ce que je puis faire que de continuer des démarches pour un fardeau pour lequel j'ai toujours une