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Par l'entremise du Nonce de Paris, suivant la coutume

I2Ô i/ÉGUSE DU CANADA

cédentes. Il y a lieu d'espérer, monseigneur, que ce saint et vertueux ecclésiastique réussisse, au profit et à l'avantage de notre sainte religion. "

L'abbé de l' Ile-Dieu racontait ensuite un fait qui s'était passé à la Cour d'Angleterre. L'archevêque anglican de Cantorbery ayant appris qu'un évêque catholique avait solennellement officié et prêché dans la chapelle d'un ambassadeur à Londres, était allé s'en plaindre au Roi lui-même comme d'un grand scandale pour la religion protestante, et un danger pour l'Etat:

" Cet évêque a-t-il parlé contre l'Etat ou contre moi ? lui demanda Sa Majesté. — Je ne le pense pas, Sire, répondit l'archevêque de Cantorbery. — Alors, répliqua le Roi, soyez tranquille. Ils sont tous mes sujets, et mon intention est qu'ils jouissent tous de la même liberté. "

Ce fait mettait bien en relief le caractère et les dispositions de George III : un homme droit, honnête, religieux. Laissé à lui-même, il n'eût probablement pas hésité à accorder de suite à M. Briand ce qu'il ne demandait qu'en conformité à l'esprit des capitulations et des traités pour le libre et parfait exercice de la religion catholique au Canada. Mais un Roi constitutionnel n'est jamais seul : il y a les ministres ; il y a aussi ceux qui voudraient l'être, et qui ne sont pas toujours scrupuleux sur les moyens d'arriver:

" Je ne puis vous dissimuler, écrit l'abbé de l'Ile-Dieu à la Propagande, que je ne pense pas que la Cour et les ministres d'Angleterre permettent à M. Briand de passer en France pour s'y faire sacrer. . . J'ai entrevu dans ses différentes lettres qu'on pourrait bien exiger de lui qu'il se fît sacrer en Angleterre. . .

" Il ne peut trop tôt recevoir ses Bulles, pour être à portée de se rendre à la tête de son Eglise, qui a grand besoin d'un premier Supérieur majeur. . . "

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