‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 75 sur 220 · Rapport sur les Archives Canadiennes pour 1885, p. X · texte numérisé non relu

Rapport sur les Archives Canadiennes pour 1885, p. X

10. Archiv. du Canada, Papiers d'Etat, Q. 4., lettre du 14 nov. 1767.

" Je lui ai reproché sa conduite infâme. Il m'a répondu : 11 II ne fallait pas me laisser venir à Londres, mais me gar- " der en Canada u. "

Roubaud dirigeait la belle mission des Abénaquis, à Saint- François du Lac, depuis son arrivée en Canada en 1742. Il y avait fait du bien. Il était adoré des sauvages, et ceux-ci, de même que les Micmacs, passaient pour les meilleurs de tout le pays. A leur caractère religieux, on ajoutait qu'ils étaient de " grands politiques 12 ". Roubaud les avait accompagnés dans leurs expéditions au lac George et au lac Champlain ; ils y avaient rendu d'éminents services aux Français : de là la haine que les Anglais leur avaient vouée : ils détruisirent de fond en comble la mission des Abénaquis en 1 759. Roubaud fut rappelé à Québec.

On le renvoya bientôt à Saint-François pour rétablir la mission, et les Abénaquis furent heureux de le revoir. Malheureusement son retour dans cette mission lui fut fatal : ses mœurs devinrent bientôt si corrompues, et sa santé si compromise, qu'il demanda lui-même d'être rappelé à Québec. Son supérieur le P. de Glapion, se hâta d'acquiescer à son désir. A peine était-il revenu à Québec, que le gouverneur des Trois-Rivières, Burton, jaloux de n'avoir pas été consulté en cette occasion, exigeait son retour à Saint-François du Lac 13. La conduite de Roubaud à Saint-François devint tellement désordonnée que le nouveau gouverneur des Trois- Rivières, Haldimand, qui avait remplacé Burton, en était ahuri : écrivant un jour au gouverneur de Québec, M. Murray :

" C'est un cerveau brûlé et inquiet, disait-il, qui, pesant le

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