Ibid., vol. XVI, p
4. Sur la magnifique cathédrale de Saint-Malo, voir mon petit volume: Au Pays de Mgr de Laval, p. 244.
voix de ce jeune pontife missionnaire, qui l'avait invité à l'accompagner dans ce pays lointain: Veni, sequere me; et sans hésitation il avait fait comme autrefois saint Mathieu : et sur gens secutus est eum 5.
De Saint-Malo, M. Briand n'aurait que quelques lieues à faire pour atteindre Saint-Brieuc, l'une des plus pieuses villes de la Bretagne, l'une de celles qui ont le mieux conservé le cachet religieux d'autrefois, la ville renommée par la sainteté de ses évêques, par ses sanctuaires pieux et anciens, dont quelques-uns remontent au quatorzième siècle, par son magnifique pèlerinage de Notre-Dame d'Espérance, mais pour lui, surtout, la ville chère par excellence, puisque c'était dans sa belle cathédrale romane qu'il avait reçu l'onction sacerdotale le 14 mars 1739. De Saint-Brieuc, il n'aurait que quelques pas à faire — environ une heure et demie de marche — pour se rendre à Plérin, sa paroisse natale, d'où il était parti pour le Canada le 11 mai 1741, jour de l'Ascension.
On raconte que, dans la crainte d'éprouver trop d'opposition de la part de sa bonne mère 6, qui l'aimait tant, et dont il était le principal appui, — il était l'aîné de la famille — dans la crainte, surtout, de ne pouvoir résister à ses larmes, à ses supplications, voulant à tout prix suivre sa vocation sainte, il était parti à la dérobée, sans lui dire adieu, n'emportant pour tout bagage que son bréviaire. Il se rendit à pied à Lamballe, où il prit la diligence qui le conduisit à La Rochelle, où il devait s'embarquer pour le Canada avec M*1- de Pontbriand et M. de la Ville- Angevin.
Grand émoi à Plérin, lorsque l'on constate qu'il est parti tt ne revient plus. Les parents désolés se mettent en route pour tâcher de le rejoindre. " Chemin faisant, dit la chro-