‹ L'église du Canada après la conquêteChapitre 81 sur 220 · Les Ursuiines de Q., t. III, p · texte numérisé non relu

Les Ursuiines de Q., t. III, p

8. Archiv. de l'Ev. de Q., lettre de Mgr Briand à M. Roussel de Maisonneuve, 10 nov. 1793.

tagne est couverte de ces chapelles, de ces oratoires, où le peuple aime tant à se rassembler pour prier, où l'on va en procession aux Rogations, aux principales fêtes de paroisse. Briand, heureux de revoir sa chapelle Saint-Eloi, aperçut bientôt la maison paternelle, traversa la cour qui la sépare de la chaussée, et tomba dans les bras de sa bonne mère. Laissons parler ici un témoin oculaire, sa propre sœur, qui était là, et qui, quelques années plus tard, devenue religieuse de la communauté des Filles du Saint-Esprit9, rappelait à Mme Briand la scène familiale dont elles avaient été l'objet, et qui les avait comblées de bonheur:

" Je n'oublierai jamais, dit-elle, le plaisir, la joie et la tendresse avec laquelle vous vous embrassâtes l'un l'autre, et nous tous frères et sœurs. Nous l'avons trouvé toujours le même, bon fils, bon frère, doux, humble, s'humiliant et se reconnaissant indigne, méprisant les grandeurs et les dignités; point d'ambition pour les richesses. Si ce n'était qu'il craignait de s'opposer aux desseins de Dieu et au soutien de la religion, il eût préféré de demeurer caché et inconnu dans la petite famille 10. "

Evidemment, M. Briand n'avait pas tardé de raconter à sa mère, à ses frères et sœurs, l'objet de son voyage : évêque élu du Canada, il allait se faire consacrer aussitôt qu'il aurait reçu ses bulles de Rome; puis il retournerait au Canada, d'où il ne reviendrait plus. A l'exemple de M21" de Pontbriand, qu'ils avaient bien connu, et auquel il allait succéder, il se dévouerait corps et âme au bien des ouailles confiées à ses soins, et espérait ensuite aller au ciel, jouir de l'éternelle récompense : " Au ciel, également, leur disait-il, nous nous reverrons, après les quelques jours que je vais passer avec vous, avant de partir pour le Canada. "

9. Fondée à Plérin par M. de la Ville-Angevin, lequel accompagna Mgr de Pontbriand au Canada.

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