Lettres à M. Marchand, 18 janvier et 23 avril
une maison voisine pour servir de sacristie 10. Ils avaient loué pour neuf ans la chapelle du séminaire, avec droit de tenir leurs assemblées de fabrique " en une chambre du dit séminaire, servant de presbytère ", le tout moyennant six mille francs 11.
Malgré le malentendu qui existait entre eux et l'Evêque, celui-ci ne voulut pas leur refuser la permission de reconstruire leur église. Ils y mirent beaucoup de zèle et de savoirfaire, et les paroissiens une générosité vraiment admirable. Réparée sur les mêmes plans que précédemment, elle était prête pour le culte au mois d'avril 1771 ; et les marguilliers ayant envoyé à l'Evêque une députation " pour le prier de permettre d'y faire l'office, quand il la jugerait décente ", il leur répondit "i° qu'il ne bénirait point l'église, pour des raisons à lui connues : ces raisons, il se réservait de les faire connaître par une lettre pastorale; 20, qu'il ordonnerait à M. le Curé d'y faire l'office; 30 enfin, qu'on lui envoyât les pierres d'autel, qu'il les bénirait 12 ".
Le premier office dans l'église rétablie eut lieu le 14 avril. Le dimanche précédent, le dernier office paroissial avait eu lieu comme ci-devant dans la chapelle du Séminaire, et on y avait fait lecture de la belle lettre pastorale suivante, adressée " à tous les bourgeois et habitants de la ville de Québec " :
" Vous touchez, Nos Très-Chers Frères, leur disait M61 Briand, au moment d'entrer dans le temple que votre piété vient de rétablir. Nous avons été grandement édifié de votre générosité et de votre zèle pour la religion, de l'esprit d'économie, de l'attention, de l'activité avec lesquels MM. les mar-
ie Archiv. paroissiales de N.-D. de Q., assemblées de fabrique du 22 oct. 1765, et du 10 fév. 1768.