Ibid., p. 433, lettre à M. Lagroix
semaine à M. Jacrau, jusqu'à sa mort 8, et je ne crois pas m'être confessé d'avoir eu de la peine, ni contre M. Récher, ni contre lui, ni contre les marguilliers, parce qu'en effet je n'en avais pas; et j'ai toujours pensé que les contradictions venaient de Dieu, et qu'il les terminerait lui-même. "
Difficultés au sujet de sa cathédrale; accusations portées contre lui à Rome : quelles épreuves pour Mgr Briand au commencement de son épiscopat! La Providence qui les avait permises voulut que le Saint-Siège reconnût hautement son mérite :
" Quelles actions de grâces ne vous rendrai-je pas, lui écrit le cardinal Castelli, pour la constance admirable et le grand respect pour le Souverain Pontife, dont vous avez fait preuve, en repoussant avec énergie les désirs et les efforts du peuple qui demandait que le Coadjuteur fût consacré avant la réception de ses Bulles, et en refusant de faire quoi que ce
8. "M. Jacrau mourut le 23 juillet 1772 peu de jours après le sacre de Mgr Desglis. Depuis plusieurs années il menaçait ruine. Sa santé ne lui avait pas permis de remplir de charge, ou de rendre d'autres services que de donner de dessus son lit de douleur des avis, estimés précieux à cause de son expérience, de son habileté dans les affaires temporelles, et de ses vastes connaissances. Ses grandes douleurs n'ôtèrent rien à la liberté de son esprit, et ne servirent qu'à faire briller sa patience. Il était du diocèse d'Angers, et avait au moment de sa mort 74 ans.
" Lors de son voyage en France en 1764 et 1765, pour sa santé, il avait demandé au Roi une pension sur le Clergé. Elle lui fut accordée en 1768 par l'entremise de l'évêque d'Orléans. Cette rente de 400 francs, ajoutée à une autre de 700 francs constituée sur le Séminaire de Paris, lui donnait moyen de faire de grandes aumônes et de se procurer une belle bibliothèque, composée d'une couple de cents volumes choisis et précieux. Il avait 66 in-folios, 60 in-quartos, et une centaine d'autres volumes de différents formats. Il les laissa au Séminaire, ainsi que tous ses meubles et linges, dont il s'était fourni à ses propres dépens. Il légua 4000 francs aux pauvres et aux communautés religieuses. . . " (Hist. mss. du Sém. de Q.).
soit contre le droit et la dignité du Siège apostolique ! Votre fermeté et votre prudence ne me permettent pas de douter un instant que vous ne veniez bientôt à bout d'apaiser ces divisions et ces chicanes qu se sont élevées au sujet de votre cathédrale. Je supplie le Seigneur de vous accorder une longue série d'années. "
Plus tard, l'abbé de l'Ue-Dieu ayant envoyé au Cardinal la réponse de Mgr Briand aux accusations portées contre lui :
" J'ai reçu la copie de la lettre que M. l'Evêque de Québec vous a écrite, lui répond le Cardinal, et j'y ai vu avec bien de la consolation que le Prélat n'est point tel qu'on l'a supposé ici, qu'il remplit les devoirs d'un bon Pasteur, et s'applique avec zèle au gouvernement de son vaste diocèse."
Il lui écrit de nouveau quelques jours plus tard :
" Quant à M. l'Evêque de Québec, je vous ai déjà dit dans ma précédente que je demeure pleinement persuadé de sa sage et vigilante conduite. . . "
" Je me réjouis extrêmement, écrit-il enfin à Mgr Briand lui-même, que vous ayez réussi, avec le secours de la puissance séculière, à recouvrer votre église cathédrale, et j'espère que, maintenant que sont pacifiés ces esprits qui s'attaquaient à votre nom et à votre autorité, vous jouirez vous-même d'une plus grande tranquillité d'esprit, et pourrez remplir les devoirs de votre charge avec plus de liberté et toute la considération qui vous est due 9. . . "