CHAPITRE XIX
ADMINISTRATION ÉPISCOPALE DE Mgr BRI AND .* LES PREMIERS MOIS
Avant de montrer à l'œuvre M51" Briand dans l'administration de son diocèse, nous avons cru devoir dégager sa figure de tous ces nuages dont on avait voulu l'obscurcir en lui créant injustement des misères et des ennuis au sujet de sa cathédrale, et en portant même à Rome contre lui des accusations aussi odieuses que frivoles. " Maintenant que sont pacifiés ces esprits qui s'attaquaient à votre nom et à votre autorité, lui écrivait le Préfet de la Propagande, vous pourrez remplir les devoirs de votre charge avec plus de liberté. " Nous aussi nous pourrons raconter avec plus de suite l'œuvre pastorale du pieux Prélat.
Rentré au Canada à la fin de juin 1766, il n'eut rien de plus pressé, après s'être installé dans les modestes appartements que le Séminaire de Québec avait mis à sa disposition 1, que de se mettre en possession des immeubles appartenant à l'évêché, avec les bâtiments en ruines qui s'y trouvaient. Il était grand temps. Un ministre anglican, chapelain de la garnison de Québec, avait déjà adressé un mémoire au gouverneur Murray, sollicitant avec instance
1. "Un appartement convenable au bout de la salle d'étude du Petit Séminaire, alors située en bas (au rez-de-chaussée), consistant en antichambre, salle, chambre, et cabinet, avec la jouissance du terrain situé au devant, sur lequel Mgr Plessis a plus tard fait construire une petite maison à trois étages pour y mettre les archives." (Hist. mss. du Sém. deQ., p. 979).
qu'on lui abandonnât la chapelle, le palais épiscopal, et tout le terrain de l'évêché pour son usage et celui des protestants de Québec. Murray étant parti pour Londres, il insistait auprès de l'administrateur Irving pour que l'on fît droit à sa demande. Mgr Briand réussit à faire reconnaître les titres de propriété de l'évêque, et pour couper court à toute nouvelle tentative d'usurpation, se mit aussitôt en devoir de réparer les bâtiments en ruine : ce qui lui coûta, comme nous l'avons vu, plus de trente mille francs.
Le gouvernement avait voulu aussi, les années précédentes, s'emparer du terrain et des ruines de l'église paroissiale. Les marguilliers firent enregistrer au secrétariat de la province tous les titres de la Fabrique, et le gouvernement, instruit de la vérité des faits, se départit de ses poursuites. L'évêque, de son côté, n'eut pas de peine à démontrer les droits de l'église paroissiale et cathédrale de Québec. Le petit noyau de protestants fanatiques qui se trouvaient alors dans la ville dut renoncer, quoique à regret, à ses étranges prétentions 2.
Nous avons vu que l'Evêque, ayant choisi la chapelle du Séminaire pour sa pro-cathédrale, retarda jusqu'au 19 juillet à y faire son entrée solennelle. La nouvelle destination de l'édifice exigeait nécessairement quelques travaux, qui se continuèrent après la prise de possession, et que le Prélat se fit un devoir de faire exécuter à ses frais. Ecrivant à M. de LaCorne :
" Il m'en a coûté, disait-il, plus de dix mille francs pour me mettre en état de faire l'office, avec mes ecclésiastiques, dans l'église du Séminaire, qui ne se serait pas prêté à mon dessein, et qui d'ailleurs n'était pas en état de faire cette dépense, à cause de ses pertes pendant le siège. Du reste, j'étais bien aise de lui manifester ma reconnaissance pour ma