Collection Haldimand, B. 66, lettre du 9 oct
C'était un Suisse, officier de fortune au service de l’Angleterre depuis nombre d'années. Il était connu d'avance en Canada, où il avait été gouverneur des Trois-Rivières, puis de Montréal, au lendemain de la Conquête. C’est des Trois-Rivières qu’il écrivait un jour à son ami Gage, à Montréal:
«Je voudrais que nous fussions débarrassés de toutes les Croix de Saint-Louis et de tous les prêtres #. »
Son «œil malin » était resté légendaire; sa personne et son caractère u’avaient laissé que des sentiments assez vagues dans les cœurs. L’annaliste des Ursulines notant sa première visite au monastère:
« Deux jours après son arrivée à Québec, dit-elle, le nouveau Général est venu nous faire visite, accompagné seulement de M. de LaCorne Saint-Luc, son aide de-camp, et d’un autre officier. Rien ne fut plus poli et plus gracieux ; mais c’est avec le temps, ajoute-t-elle, que l’on connaît son monde 5...»
Il était en excellents termes avec Carleton, et lui avait écrit du Bic pour le prévenir de son arrivée. Il acheta tout son ménage f, et lorsque notre excellent gouverneur partit pour Londres, il lui remit pour son ami le général Budé 7 une lettre dans laquelle il disait de Carleton :
« Ne soyez pas repoussé par sa froideur : c’est un parfait gentilhomme et un des meilleurs officiers au service du Rois
4. Ibid., B. 2-2, p. 0, lettre de Fred. Haldimand au général Gage, 15 avril 1764. — C'est ce Gage qui écrivait un jour au même Haldimand, lors de la suppression de la Compagnie de Jésus: “We may now say it truly, that the Jesuits are gone to the Devil, for the Pope has formally annulled their order.” (B. 5, p. 180, lettre du 14 sept 1773). On voit le respect que ces gens avaient pour le clergé catholique!