VISITE PASTORALE DU DIOCÈSE PAR M£' HUBERT, COADJUTEUR DE M‘ DESGLIS
Ne avons vu que M®% Desglis, sitôt après la consécra-
tion de son Coadjuteur,'adressa une lettre} pastorale «aux habitants des trois villes de Québec, Montréal et Trois-Rivières » pour leur annoncer cet événement important. Nous n'avons pu comprendre pourquoi cette lettre n’était pas adressée à tout le diocèse. Les fidèles des campagnes n’étaient-ils pas intéressés tout autant que ceux des villes à apprendre qu’ils n’avaient plus rien à appréhender pour la succession épiscopale, qu’ils avaient un pontife tout désigné et tout prêt à prendre la place de leur Evêéque? Le fait que cette lettre pastorale n’est adressée qu'aux habitants des trois villes est d'autant plus surprenant, que le vénérable Prélat y annonce d'avance qu’il se propose de confier la visite pastorale de son diocèse à son Coadjuteur, afin de donner à ses diocésains l’occasion «de le connaître et d'apprécier les douceurs de son gouvernement ». Il fera cette visite, dit-il, «quand et comme il lui plaira». Notons bien ces mots: ils donneront ! peut-être lieu plus tard à quelques malentendus. Et le Prélat ajoute que son Coadjuteur fera dans cette visite pastoralé «tout ce qu’il jugera plus convenable au bien de notré sainte religion et à l’édification des âmes ».
ME Hubert se prépara à partir de bonne heure pour la visite, au printemps de 1787. Avant de la’ commencer,
cependant, il voulut faire celle des trois communautés religieuses de Québec: l’'Hôtel-Dieu, l’Hôpital-Général, les Ursulines. Nous en avons du moins la certitude pour V'Hôtel.-Dieu ! et l'Hôpital-Général: celle des Ursulines n'est pas mentionnée d’une manière spéciale.
A l'Hôpital-Général, quelques réparations et améliorations lui ayant paru indispensables en certains endroits, i] ordonna de les faire, «avec la clause qu’il en acquitterait lui-même les frais. C'est ainsi, dit l’annaliste, que nous trouverons constamment en M# Hubert un digne émule de M# Briand, versant sur nous, avec une profusion généreuse, les dons de sa libéralité 2».
M# Hubert, comme tous ses prédécesseurs, affectionnait ses communautés religieuses, mais il eut toujours une prédilection pour l'Hôtel Dieu, dont il avait été supérieur plusieurs années, alors qu'il était au Séminaire de Québec. Nous avons la lettre par laquelle ME Briand lui confait cette charge importante: elle est datée du 2 janvier 1775, et adressée «/oanut Francisco Hubert, Seminarii nostri Quebecensis Supertort, à secretis confidentissimo; et en même temps M Briand écrivait aux Religieuses qu’il le leur donnait comme Supérieur» pour leurs intérêts spirituels et tempotels». Quels services précieux le digne supérieur w’eut-il pas occasion de leur rendre, surtout dans l’année terrible du siège ! |
Il partit ensuite pour Îles missions, mais resta toujours de pensée et de cœur avec la communauté qu’il avait servie avec tant de soin. Ah, qu'il fut heureux de la revoir comme évêque, et d'en faire la visite canonique! Quelle admirable Institution, notre Hôtel-Dieu de Québec! Nous efimes occasion de lui rendre hommage, il y a quelques