‹ L'eglise du CanadaChapitre 66 sur 197 · Ibid., 25 déc · texte numérisé non relu

Ibid., 25 déc

8. M. Besson de la Garde y avait remplacé en 1,77 M. Mathevet.

9. Braün était donc arrivé en Canada en 1773 ou 74, et non pas en 1781, comme dit Tanguay.

misère 1°, il prit le parti de s'engager dans les troupes du Roi, et fut envoyé en Canada, avec la jeune personne qui passait pour son épouse.

«Ils ont eu un enfant. Mais de nouvelles réflexions leur ayant fait prendre, d’un commun consentement, le parti de se séparer, ils ont réclamé mon assistance pour leur ouvrir quelque ressource de charité.

« J'ai placé leur enfant, qui s'élève à Montréal. La mère s'était d’abord retirée à l'Hôpital-Général à Québec, où j'ai payé sa pension pendant environ deux ans. Depuis ce temps-là, je l'ai mariée avec un habitant, à qui j'ai donné une terre, sur laquelle ils vivent très contents, et assez à leur aise 11,

«Quant au jeune homme, ayant obtenu en forme son son congé militaire de M. Carleton, alors gouverneur général de cette Province, comme son état de Religieux ne lui permettait pas de rester dans le monde, et que, de mon côté, je ne pouvais pas, avec décence, le garder dans notre maison, j'avais pris le parti de l’envoyer à notre mission sauvage du Lac des Deux-Montagnes, non pour le cacher — il n’en avait pas besoin, et il y a demeuré connu de tout le monde—mais pour le dépayser un peu, et l’éloigner de toute occasion dangereuse. Il y a appris la langue iroquoise; et je le crois en état de tenir place de missionnaire dans cette mission; et après avoir donné depuis longtemps des marques d’une conduite régulière et chrétienne, il demande aujourd’hui d’être élevé à la prêtrise pour pouvoir s'acquitter de cet emploi...

« Mais comme ME l'Evêque, crainte de déplaire à Votre

ro. L'histoire toujours ancienne et toujours nouvelle de “l'Enfant prodigue! 7

tr. Voir dans notre volume L'Eglise du Canada sous Mgr de Pontbriand, p. 6, note 21, un trait analogue, où figure la grande charité d’un autre supérieur de Saint-Sulpice, M. de Belmont.

Excellence, pourrait peut-être avoir quelque peine à faire cette ordination sans votre aveu, permettez, monsieur, que je prenne la liberté de m'adresser à Votre Excellence pour en obtenir l'agrément... 12, »

Le jeune sous-diacre de Trèves 1 fut d’abord ordonné diacre, puis reçut l’ordre de la prêtrise des mains de M# Briand, dans la chapelle du Séminaire de Québec, le 5 avril 1783, mais après avoir prêté serment, la veille, entre les mains du grand vicaire Gravé, qu’il resterait toujours sous la juridiction immédiate des Evêques de Québec, et travaillerait selon ses forces à l’évangélisation des Sauvages de ce pays, et particulièrement à la mission du Lac des Deux-Montagnes, sous la direction et le bon vouloir de M. Montgolfer, supérieur du Séminaire de Montréal, et de ses successeurs #, Eh bien, qu’'arriva-t-il? Au bout de quatre ans, il quittait le pays ; et à partir de cette époque nous le perdons complètement de vue.

C'était un chanoine régulier de l'Ordre des Prémontrés ; et il appartenait à l’abbaye de Vadegasse, en Lorraine, où il avait fait profession. Il n’avait que trente ans.

Nous ne pouvons nous séparer de lui sans citer la belle lettre que l’abbé de Vadegasse avait écrite à M. Montgolfier sur le compte de cet Enfant prodigue :

« Je ne puis désavouer les obligations infinies que je vous ai, monsieur, pour tant de biens dont vous avez comblé cet enfant égaré. Je lui pardonne volontiers, pourvu que, par sa constance, il réponde aux vues que vous avez sur lui, qui assurément ne sont autres que de gagner une âme de plus à Dieu. Puisse-t-il donner cette satisfaction àvotre zèle !

12. Archiv. du Canada, Collection Haldimand, B. 185-2, p. 405, lettre du 15 février 1783.

13. Il avait été ordonné sous-diacre par Jean-Nicolas de Gontheim, évêque de Mvriophitianus, suffragant de l’archevèque de Trèves.

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