Lettre de Mgr Briand à La Valinière, 15 fév
que desservait Saint-Sulpice. C’est ce qu’il fit en quittant l’'Assomption pour descendre à Saint-Roch :
« Je dois observer ici à Votre Grandeur, écrivait à l’Evêque M. Montgolfier, que c’est le quatrième presbytère que ce monsieur nous a presque entièrement dégarni de meubles 1°, »
Tous les documents s'accordent à reconnaître que c'était un prêtre de mœurs irréprochables. C'est la tête plutôt que le cœur qui faisait défaut chez lui: et cela nous rappelle la réflexion d’un écrivain distingué sur un Prélat français du dix-septième siècle, que l’on accusait de favoriser un peu le Jansénisme :
« C'était, dit-il, un de ces hommes rares, respectables et désolants, qui font plus de mal avec leurs vertus que d’autres avec leurs vices *. »
Haldimand, qui n’avait la patience ni de Carleton, ni de ME Briand, ni de M. Montgolfer, obligea La Valinière à quitter non seulement Sainte-Anne, mais le pays, et le fit passer en Europe ?.
Nous ne suivrons pas ce pauvre missionnaire dans ses. nombreuses pérégrinations, qui le firent surnommer le « Juif errant » du Canada. Qu'il nous suffise de dire que quelques années plus tard on le trouve aux Illinois, faisant du ministère dans la mission de Caok:ia, et faisant en même temps la guerre à son voisin #, le missionnaire des Kaskaskias. Plus tard, encore, il revient au Canada, au grand désespoir de M. Montgolfer et des Sulpiciens, qui ont toujours raison de redouter quelque esclandre de sa part, au