Ibid. lettre du 16 sept
qui attendait là-bas le général Burgoyne. On connaît l’affaire de Bennington, où la plupart de nos cent-cinquante Canadiens furent faits prisonniers et envoyés à Boston, l'affaire encore plus désastreuse de Saratoga, où cinq mille huit cents hommes du général Burgoyne se rendirent au général Gates et allèrent rejoindre nos Canadiens prisonniers à Boston. M. Montgolfier annonçant à M# Briand cette défaite de Burgoyne:
« Les Rebelles, dit-il, avaient une embuscade, qu’on prétend avoir été d'environ cinq mille hommes, qui ont enveloppé le parti Royal, dont ils ont fait un grand carnage... Bien des familles Canadiennes sont dans la consternation. Chacun craint pour les siens... Il y a à cette occasion une grande déroute dans l’armée. Presque tous les Sauvages se retirent. MM. de Saint-Luc et de la Naudière sont arrivés hier à midi à Montréal. Ils ne disent point de détails; mais ils partent aujourd’hui pour Québec *...»
A quelque chose malheur est bon. LaCorne Saint-Luc était en guerre depuis assez longtemps avec le bon curé de Longueil, le Père Claude Carpentier, pour quelques paroles inconsidérées que celui-ci aurait dites contre lui, et qui lui auraient fait grand tort. D’après une lettre de M£' Briand, le Père n'était pas exempt, au moins, d’une grosse faute d'imprudence, et le Prélat l’exhortait à faire toutes les démarches possibles pour la réparer. Il lui rappelait d’ailleurs qu’il était un des rares curés qui avaient été accusés de déloyauté à la Couronne Britannique :
« Faites vos réflexions, mon cher et ancien ami, lui écrivait le Prélat, sur l’avis que je vous donne. J'ai fait mon possible pour persuader ce monsienr que je vous connaissais et ne pouvais vous croire coupable, que vous étiez un bon prêtre et un excellent curé: tout a été inutile...