Garneau, Hist, du Canada, t. IT, p
3. Il est un des ministères anglais qui ont duré le plus longtemps: de 1770 à 1782. Il avait succédé à un ministére qui ne dura que trois ans,
qu’à force d’habileté à le faire adopter. Il fallut toutes les ressources du premier ministre, et de ses collègues Darmouth, Thurlow et Wederburne pour triompher des objections des adversaires de la mesure. Mentionnons aussi le Juge en Chef du Royaume, Lord Mansfeld, dont le concours, pour l’adoption de la loi, fut très précieux.
Comme nous l'avons écrit quelque part, « l’Acte de Québec, sans être parfait, nous affranchit du moins de l’odieux régime que l'Angleterre, par une aberration inconcevable, nous avait imposé dix ans auparavant, nous rendit nos lols civiles françaises, assura à notre langue ses droits, substitua au serment du test une formule plus acceptable aux catholiques, et donna généralement satisfaction aux Canadiens français. »
Faut-il être étonné de l’esprit protestant qui respire dans ces pages officielles, en dépit des bonnes intentions qui y percent également? Mais ne devons-nous pas tenir compte de la mentalité de ceux qui les rédigèrent ? Ils étaient essentiellement protestants, attachés à leur église nationale, opposés à toute intervention étrangère, celle de Rome, surtout, dans leurs affaires religieuses.
Nous avons cru qu’il était important, et même nécessaire, dans un ouvrage comme celui-ci, de reproduire textuellement certains passages de l’Acte de Québec et des Instructions à Carleton , relatifs à la question religieuse, pour faire voir combien ils nous étaient défavorables. On n’en appréciera que mieux le grand mérite de notre excellent gouverneur Carleton, qui sut interpréter ces documents, et surtout les mettre en pratique, de manière à nous
celui de Lord Grafton, de 1767 à 1770; et il fut suivi de trois ministères qui vécurent à peine un an chacun : Marquis de Rockingham, le comte de Shelburne et le duc de Portland; jusqu’à ce qu’enfin Pitt arriva au pouvoir en 1784.