‹ L'eglise du CanadaChapitre 79 sur 197 · Documents Constitutionnels, note, p · texte numérisé non relu

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6. L'Eglise du Canada après la Conquête: première partie, p. 229.

exercice de la religion de l'Eglise de Rome, sous la Suprématie du Roi.» Quelle étrange association de mots! Quelle absurdité! Deux chefs, en matière religieuse: le Pape et le Roi: le Pape, à qui Jésus-Christ a dit: Pasce agnos meos, pasce oves meas *, soumis au Roi, qui réclame la suprématie même dans les choses spirituelles ! Comment un catholique pourrait-il admettre une pareille doctrine? Mais, d’un autre côté, croit-on qu’un Roi d'Angleterre pourrait facilement renoncer à cette suprématie, qui est aussi une doctrine pour son Royaume? Croiït-on, par exemple, que George III lui-même, si religieux, pourtant, et précisément parce qu’il était très religieux, à son point de vue, aurait consenti à renoncer à sa suprématie en fait de religion ?

« Jamais l’Acte de Québec n'aurait passé sans ce mot « Suprématie», disait Carleton à M£' Briand. Fermez les yeux là-dessus, considérez le mot comme non-avenu. C’est la chose qu’il vous faut, c’est-à-dire l'indépendance en matière religieuse, et vous l'aurez. Jamais le Roï ne se mêlera de vos affaires ecclésiastiques, et n’exercera sur vous cette suprématie. »

Les Instructions à Carleton renfermaient beaucoup plus de choses sur lesquelles il fallait fermer les yeux. On trecommandait au Gouverneur, « à l'égard des affaires ecclésiastiques», de s’efforcer de donner satisfaction aux nouveaux sujets, « sans perdre de vue toutefois qu’ils ne doivent jouir que de la tolérance » dans la pratique de leur religion. Ainsi, dans un pays où les catholiques sont l’immense majorité, disons la presque totalité des habitants, leur religion n’est que «tolérée »; elle n’a aucun des privilèges d’une église « établie » : et cependant, par une heureuse inconsé-

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