Documents Constitutionnels, p
leur charge, ordonner l'élection d’autres marguilliers pour les remplacer. Personne, alors, n’ose trouver à redire à ces actes d'autorité; du moins, rien dans les documents ne l'indique. Et pourquoi? C’est que le Prélat, qui d’ailleurs n'était pas homme à abuser de son pouvoir, se savait et se sentait appuyé par le Gouverneur, et que celui-ci ne faisait, en le soutenant et en l’appuyant, qu'exécuter les Instructions si précises qu’il avait reçues du Roi:
« Vous ne devez permettre à qui que ce soit dont la mauvaise réputation et la mauvaise conduite peuvent causer du scandale, d'occuper un poste de confiance ou d’exercer une charge. »
La chose était si bien connue, que souvent les gens qui se sentaient coupables, indignes d'occuper la place où ils étaient, n’attendaient pas qu’on les en délogeât, maïs se retiraient d'eux-mêmes. C’est ce qui arriva un jour dans une paroisse où un marguillier quitta de lui-même le Banc d'œuvre. Le Curé en ayant averti l'Evêque :
« J’approuve fort la retraite de votre troisième marguillier, lui répond ME Briand. Le Banc d'œuvre est une place trop honorable pour un homme qui ne fait point de pâques *#.. »
23. Archiv. de l'Ev. de Q., Rég. IIT des lettres, lettre de Mgr Briand à M. erreau, curé de Saint-Roch des Aulnaies, 20 déc. 1783.