‹ L'église du Mans durant la RévolutionChapitre 32 sur 104 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

8éToIalion du 18 fructidor. — Dispositions adoptées contre l'Église. -Beprise de la persécution. — Nouvelles recherches pour découvrir les prêtres catholiques. — Réquisitoire d'Antoine Maguin contre les prêtres et le culte catholique. — Club ambulant dans i« département de la Sarthe. — Presse démagogique. — Prêtres feutrés de la déportation : Nicolas Matagrin, Louis Fouqueret, Jacques Livré. — Rapport de l'administration centrale de la ^ayenneau ministre de la police. — Épuration des administrateurs des départements de la Sarthe et de la Mayenne. — Mesures prises P&r l'administration centrale de la Mayenne pour arrêter à leur reolréeles prêtres déportés. — On n'ose incarcérer tous les prêtres. ~ Aveu des administrations sur les tendances religieuses des popQlatioQg. — Procession de Saint- Frai mbault à Lassay en 1798. — Nouveau décret contre les cloches. — Quelques magistrats favo- "sent les prêtres et TÉglise. — Serclot des Guyonnières. — Calomnies contre le clergé catholique écrites par Tadministration ^^eolrale de la Mayenne. — Dénonciations et arrestations. — Emprij^onnement des otages. — M^i»" Hélouin. — Arbitraire administratif. — Arrestations dans le département de la Sarthe. — Julien Treton. — Pierre Le Balleur. — Nicolas René Bellot. — Grand- Julien. — Invention calomnieuse de Bazin. — Assassinat d'An- ^'ne Maguin. — Déportation des prêtres de la Sarthe et de la Mayenne. — Simon Guilloreau. — Quatre prêtres manceaux à la Guyane. — René-Pierre Pillon. — Pierre Leroy. — Martyre de Jean Haine. — Denis-Pierre Bougon. — Julien Sorgueii.

^ gouvernement républicain était près de s'abîmer; le pouvoir exécutif, composé de cinq membres, était prolbn- <lément divisé : Barras, Rewbel et Laréveillère-Lepeaux,

jacobins déclarés (1), tendaient à continuer la politiq la Convention ; Carnot, et surtout Barthélémy, que fluence royaliste avait introduit dans le directoire, naient vers une marche plus modérée. Non moin fonde était la division entre le directoire et la me des deux conseils. Ceux-ci, en dépit des messages du vernement, venaient de révoquer les lois antérieui déportation et de réclusion portées contre les prêtrei élections envoyaient sans cesse au Corps législat nombre plus considérable de membres qui voulaiei mer les plaies de la Révolution; Topinion publique^ primant par les journaux, appelait de toutes ses une réaction salutaire, et montrait le plus grand n pour la majorité du directoire. Les trois directeurs bins, secondés du général Augereau, entreprire sauver la Révolution menacée dans ses principes, y parvinrent le 18 fructidor an V (4 septembre 179" fort détachement de troupes pénétra dans la sali séances, et arrêta cinquante et un députés, au mép leur caractère et de leur inviolabilité ; ils furent conda à la dépoi*tation avec les deux directeur qui avaieni tagé leurs vues, et plusiem's journalistes qui soutei le mouvement. Cet acte de violence assura la victoin hommes du pouvoir; mais il montra que laConstil pouvait être impunément violée, et il replongea la F dans un état de crise et d'anarchie qui se prolongea d deux ans et deux mois. Ce coup d'Etat ne fut pas s ment une révolution politique; il eut pour les intérêt gieux les suites les plus funestes.

Dès le lendemain, les membres des deux conseil avaient échappé à la proscription, et qui consentir subir le joug des vainqueurs, rendirent une loi en rante articles où sont résumées toutes les conséqu du coup d'État. Les premiers articles cassaient les o

(1) Laréveillère-Lepeaux avait été girondÎD, et fut du nomb proscrits du 31 mai ; mais il avait changé de drapeau.

^ons des assemblt^es électorales de quarante-huit départe-

XT^ents, et entre autres de la Sarthe, de la Mayenne et de

l^Cme; rapportaient les lois rendues par les deux conseils

^xix-mêmes pour la réintégration des émigrés ou de parents

cl 'émigrés dans leurs droits politiques ; défendaient d'ad-

xnettre à voter dans les assemblées tout citoyen qui n'au-

ï^ait pas préalablement prêté le serment de haine à la

royauté et à l'anarchie, et de fidélité et d'attachement à

c«tte même Constitution de Tan IIl qu'on venait de fouler

aiux pieds. D'autres articles attribuaient au directoire des

pouvoirs exorbitants pour nommer les juges du tribunal

de cassation, et mettre les communes en état de siège,

plaçaient les journaux sous l'inspection de la police, et

imposaient au jury des conditions contraires à la liberté

des suffrages. Mais nous devons rapporter textuellement

quatre articles relatifs aux intérêts de l'Église.

« Art. XXni. La loi du 7 de ce mois, qui rappelle les prêtres déportés, est révoquée.

Art. XXIV. Le directoire exécutif est investi du pouvoir de déporter, par des arrêtés individuels motivés, les prêtres qui troubleraient dans l'intérieur la tranquillité publique.

« Art. XXV. La loi du 7 vendémiaire an II, sur la police des cultes, continuera d'être exécutée à l'égard des ecclésiastiques autorisés à demeurer dans le territoire de la République; sauf qu'au lieu de la déclaration prescrite par ladite loi, ils seront tenus de prêter le serment de haine à la royauté et à l'anarchie, d'attachement à la République et à la Constitution de l'an III.

a Art. XXVI. Tout administrateur, juge, commissaire du pouvoir exécutif, membre de la gendarmerie, qui ne fera pas exécuter ponctuellement, en ce qui le concerne, les dispositions ci-dessus, relatives aux émigrés et aux ministres des cultes, sera puni de deux ans de fers. »

La publication de cette loi était accompagnée d'une adresse du Corps législatif aux dépai'tements et aux armées

françaises, adresse dans laquelle on peignait sous les cou leurs les plus sombres les malheurs dont la patrie éta menacée, par la conspiration qui voulait rétablir le trAne et parmi les moyens adoptés par les prétendus conspira teurs, on ne manquait pas d'assigner comfne Tun des plu dangereux « le rappel des artisans du fanatisme (i). »

Le mode d'exécution répondit à la violence et à Tinjuj tice de ces décrets. On vit aussitôt recommencer une pei sécution qui ne le cédait guère en cruauté à celle de \19c Beaucoup de membres du clergé furent déportés à 1 Guyane. D'autres prêtres destinés à endurer la mèm peine furent retenus sur les côtes, non par riiumanit^ d leurs ennemis, mais par la crainte des croisières anglaise qui tenaient la mer. Enfin, pour notre province, un cei tain nombre passèrent ces tristes années dans les maison d'arrêt du Mans et d'Évron, parce que leur âge ou lem infirmités s'opposaient à leur déportation.

A peine, en effet, la loi du 5 septembre fut-elle connue que les administrations centrales de la Sarthe et de 1 Mayenne s'empressèrent de donner les ordres les plu pressants à la gendarmerie, et aux cantonnements dispei ses dans toutes les campagnes, de faire les recherches le plus minutieuses pour découvrir les prêtres catholiques, e les conduire en prison. Après quelques mois,et poiu* beau coup après seulement quelques jours de liberté et d repos, il fallut recommencer cette vie de mystère et d souffrance, dont la postérité, dit l'un de ceux qui l'endura Louis-François-Urbain Jamin, curé d'Auvers-le-Hamon, n» pouiTa jamais se faire une idée fidèle. Les années, e quelles années ! avaient aggravé les infirmités de beaucou] de ces ecclésiastiques; les ennemis avaient découver durant les jours de paix plusieurs retraites qui avaient et jusqu'alors ouvertes à ces fidèles ministres de l'Église.

Par une coïncidence très-remarquable, la veille mêm" du coup d'État, le 17 fructidor, ladministration central

(1) Bulletin des /oi>, n» 143.

du département de la Sarthe avait tenu une séance dans laquelle le commissaire du directoire exécutif s'était exprimé en ces termes :

c CrroTENS Administrateurs^

« Vous êtes affligés comme moi, de l'inexécution des lois les plus importantes et les plus recommandées aux administrations municipales, et dont le mépris est porté JQsqu au scandale. Celles des 3 ventôse an III, 2 germinal et 7 vendémiaire an IV, sur lexercice des cultes, sans cesse rappelées aux agents des communes, sont aujourd'hui généralement négligées. Des soi-disant ministres du culte catholique, exercent leurs fonctions sans avoir fait leur déclaration de soumission aux lois de la République, et dans un très-grand nombre de communes, sous les yeux des hommes de la loi, on a la témérité de sonner les cloches soit pour appeler aux offices, soit pour annoncer des heures du jour consacrées par les partisans d'un culte particulier ; de toutes parts, vous voyez dans les campagnes, sur ks chemins, dans les carrefours, ou sur les édifices publics, les signes d'un culte particulier. . .

« Je requiers qu'il soit pris à l'instant une déterminatiou à cet égard ; et a signé :

Maguin, Commissaire. »

Après ce réquisitoire, on avait porté un arrêté contre les prêtres, les cloches, les croix élevées sur les places et les chemins, et les administrateurs qui toléraient ces manifestations de l'opinion publique.

Les honmies qui venaient de signer cet arrêté en prirent nn second aussitôt après qu'ils eurent reçu la nouvelle loi du 19 fructidor; ils prescrivaient de la manière la plus pressante aux municipalités de faire une recherche minutieuse sur les émigrés rentrés, sur les prêtres dans le cas ^déportation et autres, et sur leur conduite politique en général (1). On voit que Ton considérait comme suspects

(1) Barin, Chronique, 27 fructidor an V (13 septembre).

non pas seulement les prêtres en communion avec le Saint- Siège, mais quiconque avait reçu le caractère sacerdotal.

Pour avoir pris les mesures dont nous venons de parler, les administrateurs ne trouvèrent pas grâce devant les citoyens qui venaient de ressaisir Tautoritf^ : ils furent révoqués en majorité, ainsi que la plupart de ceux qui occupaient des places administratives et judiciaires; et le^ directoire imposa des hommes capables par leurs antécédents et leurs principes de rassurer les républicains les jJus prononcés, et de « raviver l'esprit du peuple per\'erti par l'influence active d'un grand nombre de ses magistrats (1).»

« En effet, dit Pesche (2), un nouveau mouvement d'exaltation révolutionnaire se manifesta sur tous les points de la France, à la suite de cette journée (du 18 fructidor) : la Constitution de l'an 111 avait proscrit les sociétés populaires, qui s'étaient trouvées dissoutes par l'effet de cette proscription ; on éluda les dispositions de la Constitution, en établissant partout des cercles constitutionnels. Sous les yeux même du directoire, et sous le patronage du ministre de la guerre Bernadotte..., une société de ce genre s'était formée à Paris, au Manège, l'ancienne salle de l'assemblée législative.... Au Mans, Bazin, qui rédigeait alors la Chronique Sarthoise , organisa aussi un cercle constitutionnel, sous les auspices du général Cambray, qui commandait dans le département. Cette nouvelle société profita d'une tournée militaire que fit le général dans la Sarthe, pour se constituer en ambulance, et tâcher, par ce moyen, d'opérer l'érection de sociétés semblables dans

les principales localités » Ils ne réussirent que trop

bien dans leur entreprise ; et voici un passage qui le prouve. Nous empruntons ces paroles à un exposé envoyé le 13 floréal an VI (2 mai 1798) au conseil des Cinq-Cents. « Dans la Sarthe, le club se répand dans les campagnes, et avec lui marchent l'épouvante, la teiTeur et la constitution de

(1) Compte rendu de l'administration centrale de la Sarthe, p. â.

(2) Dictionnaire de la Sarthe^ t. F, p. CCCI.XXXVI.

1793. Des liens d'affiliation se sont établis entre les cercles constitutionnels de Blois, de Vendôme, du Mans ; et tous sont rassemblés par un nœud commun. — Et quel était le but de ces associations, de ces affiliations, simultanément formées sur presque tous les points de la République ? De même cpie Tan V, vous avez vu se distribuer partout des sociétés de fils légitimes ^ pour s'emparer des assemblées électorales au profit de la royauté ; de même, en Tan VI, se sont tout à coup élevés des clubs qui, dociles instruments de l'anarchie, ont reçu d'elle mission de préparer, (le commander les choix, et par l'intrigue, les menaces, la violence, les voies de fait, de troubler et d'asservir les assemblées primaires et électorales.

€ Cependant le directoire observait la marche des conspirateurs il ordonne successivement la clôture des cercles de Perpignan,.... de Blois, de Vendôme, du Mans, etc. Mais ces ressorts que l'anarchie irritée voit briser dans ses mains, elle les remplace bientôt par d'autres. Aux orateurs incendiaires et ambulants de ses clubs, elle substitue des écrivains dont les feuilles empoisonnées vont semant partout le trouble ; dans la Nièvre,.... dans la Sarthe, et surtout à Pai'is, une foule de journaux soufflent à l'envi l'esprit de désorganisation, dilFament le gouvernement, et attaquent ouvertement la Constitution.... Le directoire a brisé ces trompettes de l'anarchie et du terrorisme; en vertu de la loi du 19 fructidor; il a suspendu ces journaux séditieux, et fait apposer les scellés sur leurs presses... b Quoique cet exposé soit une apologie du directoire et un plaidoyer par lequel Tautear cherche à justifier la loi du 49 fructidor, en vertu de laquelle les élections de nos départements, entachées de démagogie, avaient été cassées, comme celles de Tannée précédente avaient été cassées parce qu'elles étaient, disait-on, le résultat de l'influence royaliste; on ne saurait dire que ce tableau est trop chargé. Le journal de Higomer Bazin suffirait à lui seul pour prouver à quel point les passions auarchiques s'étaient réveillées dans notre contrée.

C'était au milieu de ce nouveau déchaînement de V révolutionnaire qu'arrivaient des prêtres déportés ou grés, accourus au premier signal de liberté. Beai furent avertis encore sur la terre étrangère de la réi anti chrétienne qui avait commencé à sévir de nou et ils restèrent au-delà de la frontière. Quelques-un contraire, apportèrent une teUe célérité à leur r< qu'ils arrivèrent au moment même où le coup d'état ^ de replonger la France sous la persécution. De ce ne furent deux anciens chanoines du chapitre deSaint-A à Laval, Louis Fouqueret (1) et Nicolas Matagrin. Ils c quèrent le 6 ou le 7 septembre, à Calais, avec dix i prêtres déportés comme eux en Angleterre en I7Ç n'apprirent qu'à leur arrivée la nouvelle loi du 49 1 dor qui les proscrivait. Il était trop tard ; ils furent et faits prisonniers. On les dirigea aussitôt vers leurs ( tements respectifs. Nos deux compatriotes furent tri devant le tribunal criminel de la Mayenne; les ju déclarèrent incompétents et les renvoyèrent à l'adi tration centrale. Celle-ci s'occupa d'eux dans trois ( séances; les 18 et i9 septembre, elle déclara qu'ils raient être déportés, mais qu'ils seraient détenus d maison d'arrestation de Laval ; elle déclara ensuit Nicolas Matagrin, à raison de ses graves infirmités autorisé à demeurer dans la maison de son père, s surveillance de gardiens qui seraient payés par sa fa Il mourut en effet au bout de peu de jours sous le te temel. Son compagnon était détenu dans la geôle pu) lorsque le 18 vendémiaire an VI (9 octobre 1797), les nisti-ateurs rendirent un arrêt qui le bannissait de no d'après les considérants sidvants (2).

(1) Né à CMteaa-Gontier. U était en 1797 Agé de qnaran

ans.

(2) Administration centrale da département de la Mayenne ces du 2* et 3* jour complémentaire an V et du 18 vendi an V!. —Bureau de police, an VI, n*»» 1134,113Set 1180.

• Vu la lettre du ministre de la police générale de la République du 15 de ce mois, de laqueUe il résulte que l'intention du gouvernement est que les prêtres déportés rentra en exécution de la loi du 7 fructidor dernier, soient taïus de quitter de nouveau le territoire de la République, sans permettre que d'autres peines leur soient infligées, el par suite de ces principes portant ordre que Louis Fouqueret, prêtre rentré, détenu à Laval, sorte à l'instant de France, en lui donnant un passe-port contenant sa signatare, son signalement, les motifs de son départ, Tordre de route qu'il devra suivre et le lieu où il se propose de se retirer;

( Vu aussi l'article 23 de la loi du i9 fructidor dernier portant révocation de la loi du même mois qui rappelait les prêtres déportés. »

Obligé à repasser en Angleterre, notre chanoine^ déjà hrisé de fatigues et accablé de chagrins, ne tarda pas à y mourir, et n'eut pas le bonheur de voir le retour de la paix dans sa patrie.

Au Mans, un chanoine de la collégiale de Saint-Pierrede4a-Cour, Jacques-Joseph-Guy Livré, se trouva dans un cas tout semblable à celui de Louis Fouqueret et de Nicolas Abtagrin. Il n'avait prêté aucun serment^ mais n'avait rempli aucune fonction publique; et il était rentré sur le temtoire français en vertu de la loi du 7 fructidor. Appelée à prononcer sur cette affaire, l'administration centrale du département décida que, s'il avait un certificat de déportation, il sortirait immédiatement du territoire de la République; mais que s'il était émigré, il serait traduit devant une commission militaire. Il lui fut permis de repartir ponrl'exQ (4).

Nous ne voyons pas qu'aucun des prêtres qui étaient accourus au secours des fidèles, antérieurement à la loi du 7 fructidor, ait cherché à quitter le pays. Tous néanmoins durent prévoir de bonne heure les dangers qu'ils auraient à

(i) Archives de laSarthe.

4d4 L'ÉGLISE DU MANS

courir; mais le motif qui les avait portés à rester en F

malgré les menaces de mort, leur donna le cours

braver les périls les plus évidents et les plus terribles.

tivité que l'on mit à les rechercher fut extrême. Dès

septembre l'administration centrale du département

Mayenne écrivait au ministre de la poUce : a La crai

répand dans le département, par suite des actes de ri

qui ont été exercés vis-à-vis des prêtres et des éraig

Le !•' octobre, elle écrit au même : « La ti'anquilli

rétablie dans le département. La loi du i9 iructidor

cute à l'égard des prêtres ; mais plusieurs de ceu

avaient été condamnés à la réclusion, et qui en étaient

par des arrêtés du comité de sûreté générale, vienne

prêter le serment de haine à la royauté : nous avons

que la politique nous iaisait un devoir de les laisser

visoirement en liberté ; que faudra-t-il en faire ultéri

ment ? » Deux jours après les administrateurs mai

encore au même ministre : a Nous jouissons de la

quillité. Notre pays parait débarrassé des ennemis qi:

vaillaient au bouleversement de Tordre social. Les pi

ont disparu ; plusieurs d'entre eux infirmes ou sexa^

res sont dans la maison de réclusion (d'Évron) ; et

sujets à la déportation sont dans la maison d'arn

Laval, en attendant. » Les administrateurs reconn

bientôt que les prêtres catholiques n'avaient point f

département, mais que la violence de la persécutic

avait obligés à se cacher avec un redoublement de pr

tion. Ils furent obligés d'en faire l'aveu au ministre

police à plusieurs reprises, et particulièrement dans

lettre du 15 mai 4798, où ils lui dirent : a 11 ne faut j

dissimuler que plusieurs prêtres insoumis parcourei

campagnes, et que leurs principes dangereux et théo(

ques empêchent les institutions républicaines de i

bUr. » Ils l'assurent que leur surveillance est aussi a

que possible de ce côté-là, et ils lui annoncent i'incan

tion de plusieurs ecclésiastiques.

Dès le 27 fructidor (44 septembre) l'administration

fraie du département de la Mayenne ordonna l'arrestation immédiate de tous les prêtres frappés par les lois de i792 et 1793 (I). Le même jour les administrateurs qui siégeaient au Mans rendirent un arrêté tout semblable (2) ; et dans les deux départements plusieurs prêtres furent inunédiatement saisis et renfermés dans les geôles. Ce zèle persécuteur^ cet empressement à obéir à la loi impie du 19 fructidor ne parut point une garantie suffisante au directoire exécutif; ces administrations sorties des élections de Tan VI demeurèrent à ses yeux entachées de royalisme et il les renouvela en partie, par l'abus le plus odieux de l'arbitraire et de l'illégalité. Les hommes qui furent placés à la direction de nos deux départements se montrèrent à la hauteur des circonstances. Dans le département de la Mayenne il n'y eut que des laïques appelés à remplir ces fonctions; mais dans la Sarthe, sur six membres il y eut deux prêtres séculiers et un moine. Quoique composées d'éléments si divers, les deux administrations rivalisèrent d'ardeur pour persécuter les membres du clergé catholique. Dès les premiers jours de vendémiaire, elles rendirent des arrêtés, où après avoir exposé que la commission du directoire exécutif près l'administration municipale de la commune de Saintes avait délivré des feuilles de route aux prêtres renfermés dans les prisons de cette ville, et qui étaient étrangers au département de la Charente-Inférieure, afin qu'ils se rendissent dans leurs départements respectifs, elles ordonnaient de se saisir de tous ceux qui se trouveraient porteurs de pareilles feuilles dans le territoire soumis à leur juridiction. Le 22 du même mois (19 octobre) le commissaire du directoire exécutif près le département de la Mayenne écrivait aux administrateurs de la Sarthe; a Des dépêches interceptées en Allemagne et en Italie font connaître que les prêtres déportés ou émigrés qui rentrent en

(1) Archives du département de la Mayenne. — Bureau de Police, an VI, no 1242.

(2) Archives du département de la Sarthe.

«Oê L'EGLISE DU MANS

France, choisissent de préférence pour asile le département de la Mayenne ; nous avons pris les mesures les plus efficaces pour les arrêter tous ; et nous croyons devoir vous en donner avis, pour que vous vous teniez suç vos gardes. » Peu de jours après, le 16 brumaire (6 novembre) le même magistrat écrit au ministre de la police, qui lui avait recommandé de surveiller de près les prêtres, que le gouvernement tolérait encore dans l'Ouest, et il lui dit : « Tous ces prêtres sont des pestes dévastatrices. Mais que faire contre Pinfluence qu'ils exercent sur les consciences imprégnées de préjugés religieux? Tous ces prêtres (et le nombre er est grand dans le département) étaient à la tête des Vendéens et des chouans; un crucifix à la main, ils dirigeaien les massacres, et prêchaient l'anéantissement de la République. L'administration de la Mayenne ne croit pas qum l'on puisse prudemment mettre actuellement à exécution les lois de ^92 et 1793; la guerre civile pourrait recomi mencer; mais elle ne cesse de faire surveiller soigneusement tous ces prêtres (i). »

Il est évident par ce précieux renseignement que IJ zèle des administrateurs était contrarié par l'esprit public on n'était pas disposé à voir recommencer les horreum de 4793 et 4 794; -mais sans la crainte que leur ^inspirait IJ guerre civile, les magistrats auraient ouvert immédiate ment une ère nouvelle de persécution non moins sanglant que la première. Ils ont fait, du reste, dans ce message un aveu qui établit ce que nous avons vu constaté déjg plusieurs fois, c'est que la guerre civile ne fut allumée différentes reprises que par les vexations et les cruauté exercées contre l'Église. La correspondance et les arrêta de l'administration centrale, aussi bien que les compta rendus de la police, s'accordent pour rendre évident qi» l'esprit public dans nos deux départements était oppos aux mesures contraires à la religion. Ainsi le 12 avril i79>

(1) Archives du département de la Mayenne. — Bureau de PoUci 16 brumaire an VI.

k commissaire du directoire près le département de la Ifayenne écrivant au pouvoir exécutif, pour lui rendre compte de l'assemblée électorale qui venait de terminer ses travaux, dit que Ton y sentait les passions des partis ^religieux et royalistes)... a La grande majorité des choix <Jes membres de rassemblée électorale de la Mayenne ne prouve pas une grande confiance dans les patriotes de 1790. Avoir occupé une fonction publique ou avoir •acheté des biens nationaux ont été des titres d'exclusion. » Xes administratem^s du département de la Sarthe font un aveu semblable: le 8 germinal an Vil (22 mars 1799) ils ^voient une circulaire expiîmant la crainte, fondée, disent-ils, sur une foule de rapports et sur leurs observations, que dans les assemblées primaires les choix ne soient presque tous en faveur des royalistes ; et ils recommandent d'agir fortement contre cette tendance. Dans un i^pport sur l'arrestation de René Barbançon, jeune ecclésastique de vingt-quatre ans, saisi le 27 germinal « Vn (16 avril 4799), chez la veuve Marteau, au village de Lardière, dans la paroisse d'Arquenay, les magistrats s'expriment ainsi : « Il est notoirement connu que la plupart des communes rurales ne craignent pas d'enfreindre les lois, et de s'exposer à toutes leurs rigueurs, lorsqu'il s'agit de cacher un prêtre insoumis ; que les émigrés au ^ntraire ne trouvent au milieu d'elles ni le môme dénouement à leurs intérêts, ni la même complaisance (i). » Cette disposition, non-seulement des particuliers, mais ûiême des communes entières, comme le dit l'acte que ^us venons de transcrire, imposait une certaine circonspection aux membres de l'administration ; aussi voyonstons que, malgré les lois nouvelles ou renouvelées, il y avait encore un reste de liberté pour le culte selon les circonstances (2). Ainsi, malgré les poursuites exercées

W Archives de la Mayenne. — Bareau de police, an VU, n» 475.

(%) Nous ne troavons pas toutefois dans nos départements des

faits aussi éclatants que celui-ci. Le 4 janvier 1798, le commissaire

en 1796 contre les promoteurs de la procession de saint Fraûnbault qui avait eu lieu à Lassay, elle se renouvela avec non moins de solennité lés années suivantes. Quelques révolutionnaires zélés voulurent faire de l'éclat ; il y eut des dénonciations ; mais Ton comprit que le parti le plus sage était de fermer les yeux (1). Ainsi encore le 2 frimaire an V (22 novembre Ï797) l'administration municipale de Gouptrain adressa une requête au département, pour qu'on lui remit les ornements qui avaient été enlevés de son église. L'administration centrale repoussa cette demande sous le prétexte que ces ornements étaient une propriété nationale; mais i^Ue ajouta que sous peu le département ferait vendre les objets de cette nature déposés dans le magasin, et que Gouptrain pourrait acheter, comme les autres communes, ce qui lui conviendrait pour son église.

En proscrivant de nouveau l'usage des cloches dans toute l'étendue du département de la Mayenne, les administrateurs constatèrent eux-mêmes de la manière la plus positive l'énergie avec laquelle le sentiment public réclamait le libre exercice du culte.

Le procès- verbal (2) de la séance tenue par l'administration centrale le 9 brumaire an VI (30 octobre 1797) porte ce qui suit :

« Un membre a représenté que les convocations pour le service du culte se faisaient dans presque toutes les

du directoire près le département de la Mayenne, constate dans un rapport que dans la commune de L'Hôtellerie-de-Flée (près de Segré), au village de la Deroittée, il 8*e8t formé un couvent où sont déjà six ou sept femmes voilées , des pensionnaires et des prêtres réfractaires qui tous les jours y disent la messe dans une chapelle qui touche aux bâtiments. Nous croyons que ce fait n'avait pas été signalé par les historiens de l'Anjou

(1) Cette procession se nommait procession des bissacs. — En 1 798 il y eut un commencement de procédure contre ceux qui avaient fait des affiches et pris part à la procession. — Lettre du commissaire du directoire du 12 juin 1798.

(2) Archives delà Mayenne. — Bureau de police, an VI, n» 1198.

fommunes de ce département au son des cloches ; que quoiqu'il aimât à se persuader que cette conduite réprouvée par la loi n'amènerait aucun résultat contraire au maintien de la tranquillité publique, on ne devait jamais oublier que la Vendée ne fomia d'aussi nombreux rasr ss^mblements qu'à l'aide de ce signal de destruction ; que le fanatisme allumé par les prêtres et le royalisme, soutenu par tous les suppôts de l'ancien régime, secouèrent à Tenvi les torches de la discorde et des discensions civiles dans les malheureux départements de l'Ouest, et que le son des cloches concouiiit puissamment à réunir autour d'eux une foule d'hommes égarés »

Après avoir entendu les développements de cette proposition, l'assemblée prit une délibération dont voici les principaux articles.

« Article i•^ L'usage des cloches est interdit dans toutes les communes de ce département pour l'exercice d'un culte quelconque. — Article 2. Tout individu ([ui, malgré cette défense conforme à l'esprit de la loi du 3 ventôse an III et du % germinal an IV, se permettrait de sonner les cloches^ sera dénoncé au tribunal correctionnel pour être poursuivi et puni ainsi qu'il est dit à l'article 1^' de ladite loi du 2S germinal. Outre cette peine personnelle aux individus, les cloches seront descendues et enlevées aux communes contrevenantes... Article i. Ce décret sera afHché dans toutes les communes du département (1). »

Cet arrêté, il faut le reconnaître, se rapporta à une date à laquelle les administrateur n'osaient pas montrer à découvert leur projet d'anéantir l'Église catholique. 11 faut reconnaître aussi que, quoique la liberté toujours promise

(1) Le 2S Tendémiaire an V (13 octobre 1797) le commissaire du directoire exécutif dans le déparlement de la Mayenne adresse au commissaire principal de la marine à Nantes 4,527 livres de métal de cloches provenant de Mayenne, Ernée cl Lassay, et 2;!248 li- ▼m du même métal provenant du district supprimé de Château* Gontîer.

et toujours refusée n'eût point été entière, les honnêtes gens avaient commencé à pouvoir paraître aux élections; à et ils nommèrent des hommes qui avaient des principes et i qui ne craignaient pas de les montrer au besoin. Ces magistrats rendirent d'inappréciables services aux prêtres catholiques obligés de se cacher; ils sauvèrent la liberté, et même la vie, à plusieurs de ces ministres fidèles ; mais ils eurent souvent à supporter les menaces de l'administration supérieure, profondément hostile au catholicisme. L'un de ceux qui rendirent le plus de services sous ce rapport, fut le commissaire du canton d'Ambrières; ce fut lui qui sauva la liberté à Jacques-Claude Desnos, curé d'Ambrières et chef de la mission de ce nom. Au mois de mars 1798 on recherchait avec beaucoup d'activité ce digne confesseur de la foi ; mais le magistrat lui fournit les pièces dont il avait besoin pom* se soustraire aux poursuites et à la réclusion (i).

Un autre de nos concitoyens, dont nous avons déjà parlé également, Serclot des Guyonnières, député du département de la Mayenne, essaya durant plusieurs jours, aux mois de juin et de juillet 1799, de pénétrer à la tribune et d'y prononcer un discours qu'il avait écrit en faveur de la liberté des cultes et des prêtres proscrits en masse pour refus de serment ; tous les jours il se présenta pour être entendu : mais le sort qui réglait les rangs des orateurs lui fut toujours contraire. L'honorable député, dans l'intérêt des vrais principes, prit le parti de publier son discours chez Baudouin, imprimeur du Corps législatif. L'élection de Serclot des Guyonnières prouve qu'un esprit vraiment religieux dominait dans l'assemblée qui le choisit ; car dès le principe il avait pris comme avocat la défense de plusieurs prêtres catholiques.

(1) Jacques-Claude Desnos, né en 1728 au diocèse de Séez, occuim la cure d'Ambrières depuis le mois de juin 1767 jusqa^au 6 juillet 1810. Il mourut à cette dernière date, et laissa une mémoire justement vénérée.

DORANT JJi RÉVOLUTION. 4H

Malheureusement tous les magistrats de notre pays ne partageaient pas ces sentiments d'équité et d'honneur. Gomme nous l'avons dit, les administrations centrales Paient composées de révolutionnaires fanaticfues^ et en sympathie parfaite avec le directoire exécutif. Pour eux le clergé cathoUque était la cause de tous les maux, et ils s'exprimaient avec la dernière violence contre lui dans leurs correspondances privées ; car dans leurs actes publics ils conservaient encore une certaine réserve. Voici, en preuve, ce qu'écrivait le 28 pluviôse an VU (i6 février 1799) au général Simon, chef de l'armée d'Angleterre, le corps des administrateurs de la Mayenne.

« Ce département-ci, comme tous les départements de rOoest, se ressent du choc des factions qui l'ont dominé depuis l'origine de la Révolution, des désastres qu'il a éprouvés pendant la guerre civile, et de l'influence des prêtres qui y trouvent les esprits plus portés cpie partout ailleurs à les favoriser, et à recevoir leur doctrine sanguinaire et fanatique. Les plus affreux scélérats trouvent dans ce pays des prêtres qui bénissent leur fer assassin, et les engagent à multiplier leurs victimes. »

Un mois après^ le 28 ventôse (18 mars) les mômes mandaient au ministre de la police.

« Depuis quelque temps le nombre des prôtres réfractaires s'augmente^ surtout dans l'arrondissement de ChâteaurGontier; plusieurs sont désignés comme étant à la tète des krigands ; d'autres se chargent de propager les mauvaises nouvelles et de fanatiser les campagnes, en y propageant l'esprit de révolte, ou y absolvant les assassins oicore teints du sang de leurs victimes. »

Presque un an avant cette dernière dépêche, le 3 prairial an YI (22 mai 4798) les mêmes magistrats écrivant au ministre de la police, lui signalent comme causes et source des dangers de la République, en premier lieu l'ineptie et la malveillance des maires en général, et en quatrième lieu «le nombre des prêtres réfractaires qui, malgré les poursuites les plus actives et la surveillance la plus sou-

tenue, fanatisent les cantons, a Ces hommes, aj< sont d'autant plus dangereux qu'ils distillent un cret, et sont les ennemis irréconciliables de la Rép Et comment en aurait-il été autrement, puisque blique s'obstinait à exiger d'eux des serments qu vait leur conscience ? Voulait-on sérieusement i paix du pays; il suffisait de leur laisser la li auraient été les premiers à prêcher la soumissio; de la République. Enfin, sous la date du 28 vende VI (19 octobre 1798), nous lisons encore dans u adresséau ministre de la police par Tadministratio du département de la Mayenne : « Les prêtres r< paraissent en ce moment redoubler d'activité ; ïh la campagne ; ils l'influencent de toutes manières des messes, font des prières pour le succès de entreprise par nos ennemis. Ù est extrêmement < les arrêter dans les campagnes, aussi fanatiques • sont. Cependant on en a arrêté quatre depuis h mais qu'est-ce que c'est en raison de leur nombr

D'après ces extraits de correspondances que n rions multiplier beaucoup sans rencontrer les traces d'équité, il est évident que les disposition contre les prêtres catholiques précédèrent la priî des chouans ; seulement à cette occasion le lai révolutionnaires devint plus acerbe, et leurs a plus injustes encore. U est constant du rest recherches pour saisir les prêtres catholiques av; mencé longtemps avant l'insurrection. C'était d ment comme prêtres catholiques qu'ils endurère sécution ; et les faux prétextes allégués par leui ne sauraient égarer la bonne foi qui recherche h

D'après les dispositions que nous venons de dans les hauts fonctionnaires, il est facile de conc quel empressement ils furent exécuter les foui visites domiciliaires auxquelles la loi du 18 m( autorisait. On peut remarquer qu'ils apportèren gence remarquable à payer et les dénonciate

gents de capture. Tandis qu'ils soldaient en assignats les utres dettes de l'État, ils avaient soin de spécifier poui* «ux-ci qu'ils recevraient leur prime en valeurs monéaires. Mais, aveu forcé de la conscience ! sur leurs registres et papiers les plus intimes, ils ne nomment jamais les traîtres et les dénonciateurs. Ils désignent quelquefois par has noms ceux qui ont fait prisonnier un prêtre catholique, mais c'est lorsque ces honunes n'étaient dans le pays qa'en qualité de gendarmes ou de militaires, et du reste étrangers à la contrée.

Les premières fouilles exécutées en vertu de la loi précitée et de l'arrêté de l'administration centrale du départeloent de la Mayenne du 24 du même mois, ne produisirent Muame arrestation de prêtre (1) ; les dénonciations se multiplièrent; nous en remarquons contre François de La ^ise, de Champgenéteux , dont la maison servait de ïrfugeaui malveillants et aux prêtres réfractaires; contre l*TCïïve Du Buat, domiciliée dans la commune de Laval, tot le domicile est l'asile ordinaire des émigrés et des F^tres réfractaires, notamment du prêtre Mustière (2) ; <!ûotreJeanLaigneau, compagnon menuisier et propriété à Loup-Fougères, receleur de plusieurs prêtres réfractaires et leur guide dans leurs excursions. Ce dernier fut ^ïï^par mesure de sûreté générale. Des fouilles exé- ""^daDS la paroisse de Bonchamp le 1" novembre 4798 «tles deux jours suivants pour y découvrir plusieurs

WArehires de la Mayenne. — Bureau de police, an VI. n^» 1503

N Gilles Mustière, chapelain du château de la Subrardière^ pa- WMKdeMéral, né en 1729. l\ avait été transporté à Rambouillet ; à •» retour, il resta à Laval, où il exerça un ministère très-actif de |?n 17W, époque de sa mort. Un autre ecclésiastique nommé "drel-Dcms Mustière, ordonné durant la persécution, ne fit ni •"l^wt ni soumission, et travailla avec beaucoup de zèle et d'efB- "oj*i1liiiUé-le-Gra^ et dans les environs* 11 est probable que » Otowieialion regarde ce dernier. Il mourut curé de Saint-Gervais- «-Vie, le «septembre 1838, à soixante-quatorze ans.

prêtres que Ton croyait cachés dans les fennes de la Boissardière et dé la Chopinière, produisirent Tarrestation de l'ancien vicaire d'Argentré, nommé Finet, sur lequel on saisit une correspondance et a des brefs du ci-devant Pape. » Une nouvelle fouille faite le 13 du même mois dans les mêmes lieux amena la capture de François Chaudémanche (1), vicaire à Mézières-sous-Lavardin. Les mois d'octobre et de novembre 1798 furent signalés par un grand nombre de visites domiciliaires, de fouilles et d'arrestations. Nous allons transcrire sur les registres de la police du département de la Mayenne im arrêté d'une date postérieure, du 3 thermidor an VII (dimanche 21 juillet 1799), qui donne une vue assez précise des dénonciations et des mesures de l'administration encore à cette époque.

« L'administration centrale du département de la Mayenne assemblée . . .

« Vu les renseignements fournis au commissaire du directoire exécutif près l'administration centrale du département de la Mayenne, desquels il résulte que l'émigré d'Andigné est caché à Laval chez la veuve Le Beau du Verger ; que sa cache est dans une chambre occupée par deux religieuses ; qu'il y a une trappe qui donne sur un lit à côté de la croisée; que chez la citoyenne Guays des Touches, rue Renaise, sont deux caches. Tune dans le placard de la chambre du domestique, l'autre dans la porte du grenier où elle met son linge sale ; que ces caches renferment le nommé Godefroy (2), prêtre réfractante, et le curé de la Gravelle. Le premier se déguisant quelquefois en tisserand ou en gendarme, sort ordinairement avec im

(1) Né le 91 novembre 1753 à Doucelles.

(2) Geoffroy-Charles Follenfant, vicaire à Saint-Maurice d'Angers^ né en 1759^ fiis d'un notaire d'Angers. Emprisonné après l'époque de la déportation, il s'évada et suivit Tarméo vendéenne jusqu'à la défaite du Mans. Caché à Laval depuis, on le nommait M. Godefroy, et aussi le Gendarme. 11 mourut en 1833, à Angers, chanoine honoraire de la cathédrale.

Qommé Georget, armurier, rue Chapelle ; le second se dégmsaot en marchand de guenilles, sort avec des femmes;

I Que de ces renseignements résulte encore que les maisons Toumely, Pont-Farcy et Bourgneul' sont susceptibles de k plus grande surveillance ;

I L'administration centrale du département de la Mayenne, sur le rapport d'un membre et les conclusions k commissure du directoire exécutif, arrête les dispositions suivantes :

lÀET. T'. La maison de la femme Le Beau sera scrupuleusement fouillée en se conformant aux renseignements foimis par le commissaire près l'administration cen-

We

iArt. 2. Tous les individus trouvés au domicile de la faune Le Beau, ladite femme Le Beau, les religieuses qui sont logées chez elle, seront arrêtés et conduits dans la naison d'arrêt de Laval, dans laquelle ils seront tenus au

tecret jusqu'après interrogatoire

iArt. 4. La maison de la nommée Guays des Touches, neRenaise^ sera pareillement fouillée, particulièrement fais les endroits indiqués par les renseignements menfionnés au présent ; tout individu étranger, et en cas de Ifcouverte de ces premiers, les habitants propriétaires de kmaison seront arrêtés et conduits devant Tadministrabm centrale avec tous papiers, écrits, correspondance 'touverts à ce domicile »

Us deux religieuses dont il est parlé dans cet arrêté hreni saisies, en effet, le 7 thermidor, et furent conduites 'uslageêlede la ville de Laval. Elles étaient toutes les fcm octogénaires et très-infirmes : aussi put-on obtenir {ios taid qu'elles fussent relâchées, mais seulement sur «totion (1).

Ces fouilles et visites domiciliaires furent continuées

(*) Aichifes de la Mayenne. —Bureau de police, an VU, n»» 659

jusqu'à la fin de l'année n99, tantôt sur un points ta sur un autre. Elles contribuèrent puissamment à mai nir rirritation contre le gouvernement révolutionnair l'espèce de terreur qui régnait dans nos contrées. L'ad nistration semblait prendre à tâche de raviver ces se ments, en remettant en vigueur les lois les plus justenr abhorrées; il n'y a pas jusqu'à celle des suspects qui r été appliquée de nouveau sous un autre nom. Sous 1' pellation d'otages on arrêta une foule de personnes app tenant aux familles les plus honorables, et on les renfer dans des maisons d'arrêt. Dans le département de Mayenne, ce fut le collège de Ghâteau-Gontier qui sei de prison à ces tristes victimes de l'arbitraire admi] tratif (i).

Cet arbitraire se montre de la manière la plus ouvc dans les actes officiels relatifs à quelques-uns de ces c tifs. Ainsi, le 29 floréal an VU (\S mai 1799), les denr selles Hélouin, du village des Aunais, en la paroisse d'H danges, furent arrêtées comme fanatiques et com retirant habituellement chez elles le prêtre réfracta Lambert (2). Quoiqu'on eût trouvé dans leur maison ornements sacerdotaux, leurs crimes ne purent pas i établis et entraîner condamnation : mais vu les lettres ministre de la police générale des 7 prairial an VI et 19 réal suivant, le département décida qu'elles seraient u nues dans la maison d'arrêt de Laval comme dan reuses (3). Dans le même temps on arrêta et renfei aussi dans la geôle de Laval la demoiselle Lecoq, l'Huisserie, pour avoir répandu des catéchismes fanatig dans tous les villages (4). Le 26 prairial an VII (14 ju.

(1) Archives de la Mayenne, n» 683. Arrêté du 13 thermidor, ac (31jnillell799).

(2) François Lambert^ curé de Grazay, dont nous avons parlé haut.

(3) Archives de la Mayenne. — Bureau de police, an VII, n® = et 557.

(4) MiV/wj,no 5«1.

Triquet, propriétaire à la Chapelle-Moche et frère de Gabriel Triquet, curé de Saint-Denys-de-Villenette, que l'on soupçonnait avoir rétracté son serment (1); Jean Boyer, cultivateur au village de la Savadinière, à RenneseD^renouille, et son frère Pierre-Joseph Royer, qui était prêtre, furent arrêtés. Le prêtre fut condamné à la déportation, et les trois laïques furent retenus en captivité comme fanatiques (2). Le 2 thermidor (20 juillet), on renfenna un grand nombre de parents ou de partisans des chouans (3). Le 20 brumaire et 6 frimaire on jeta aussi en prison à Lassay quatre personnes suspectes de fanatisme et d'attachement aux anciens préjugés. Lorsque la liberté te citoyens pouvait être supprimée sur une accusation aussi vague, sans qu'ils fussent admis à se défendre, sans qu'on leur nommât le dénonciateur, sans qu'on leur laissât aucun des moyens auxquels la justice a recours dans un pays civilisé, qui pouvait compter sur la moindre sûreté pour lui ou pour les siens ? Les administrateurs s'étaient uûs dans la nécessité d'employer ces formes arbitraires, qui frappent sans que Ton puisse reconnaître de quel côté ^utle coup; les expédients auxquels ils avaient recours u'élaient pas de nature à être avoués. Ils continuaient à ^«Jer les secrets les plus sacrés, comme nous l'avons vu pfttiquer depuis longtemps, l^ansle département de la Sarthe, les administrateurs u'apportèrent pas moins d'empressement pour explorer te correspondances particulières et pour accomplir les usités domiciliaires. Ils ne parlent des premiers exploits, ^88 comprend, que dans leurs messages au ministre de «police; mais voici en quels termes ils s'expriment sur tes fouilles opérées par leurs soins ; c'est dans le compte

(1) Gabriel-Louis -François Triquet, après avoir prêté les serments ^ la ConaUlution et de haine, les rétracta, à la Chapelle-Moche, en ^^^*f^^ de nombreux témoins, et par écrit le 8 septembre 1798.

(*l Archives de la Mayenne. Bureau de police, an VII, n» 626.

PJ Archives de la Mayenne, ibid. no 658 bis.

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