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trée de Mayenne, et surtout du Horps. Il était très-redoute des démocrates, qui se servirent d'un stratagc^me odieui pour s'en emparer. Quatre gendarmes payés par Jes administrateurs du département de la Mayenne, et déguisés en paysans, parcoururent les environs de la Chapelle-au-Hiboul et de Uardanges, où il était caché. Ils se donnaient pour des émigrés chargés d'une mission du roi : ils allaient dévotement à la messe des prêtres non assermentés. De bonnes gens, trompés par ces dehors pieux, engagèrent Le Métayer à sortir de sa retraite, à venir trouver les prétendus émigrés. Sur les instances de ses amis, l'infortuné finit par y consentir : il vint au rendez-vous et tomba dans l'infâme guet-apens. Les gendarmes se jetèrent sur lui : un coup de fusil, tiré pour signal, amena le cantonnement du Ribay, embusqué non loin de là. Guillamne Le Métayer fut conduit à Laval, et de là dirigé sur Tours. En l'adressant à la commission militaire présidée par Vimeux, les administrateurs du département de la Mayenne se vantèrent du stratagème qu'ils avaient employé ; et dans trois messages de dates rapprochées, ils insistèrent avec im odieux acharnement auprès du général-président pour que, toute autre peine écai'tée. Le Métayer fût condamné à mort. Leur soif de sang fut satisfaite. Traduit devant la commission, après un simulacre de jugement. Le Métayer fut fusillé sur la place d'Aumont le 8 thermidor an VI (26 juillet 1798). A ses côtés périt Leroux, dit l'AJmable, son aide de camp. En succombant, ces braves paysans purent du moins se rendre ce témoignage, qu'ils avaient toujours été fidèles aux promesses contenues dans le manifeste d'Évron, de se dévouer pour le rétablissement de la religion catholicjue, et de l'autorité légitime qui en était le soutien.
Si les dépositaires du pouvoir dans notre province usaient d'un arbitraire si odieux à l'égard des ecclésiastiques, la responsabilité en doit peser sur eux seuls. Dans une circulaire du 4 novembre 4798, le ministre de la police Duval leur traçait la conduite qu'ils avaient à tenir.
Ayant observé que les administrations exécutaient diversement les mesures relatives aux prêtres dans le cas de la déportation, il veut rétablir Tuniformité. 11 rappelle les lois de 1792, de 4793 et de 1797. Quant à l'application de ces lois, il dit «que les prêtres infirmes ou sexagénaires, dont l'âge ou les infirmités étaient constatées , étaient exceptés de la déportation, et devaient être mis en réclusion; et que cette disposition était applicable à tous ceux qui étaient actuellement en France , quand même ils auraient été déportés précédemment, et qu'ils ne seraient devenus sexagénaires ou infirmes que depuis leur rentrée sur le tenitoire de la République. » Plus loin le ministre ajoutait « que les prêtres qui avaient préféré la déportation à la réclusion, ne devaient pas pour cela être réputés émigrés; » et il déclarait que pour tous les prêtres déportés et rentrés à quelque époque que ce lût, la seule peine dont ils étaient passibles était la déportation à l'Ile de Ré. U faudrait mal connaître l'anarchie qui régnait en France à cette époque, et la haine contre le clergé catholique dont étaient animés beaucoup de dépositaires du pouvoir et de gens compromis dans les excès qui avaient précédé, pour croire que les dispositions établies dans la circulaire ministérielle furent suivies à la lettre ; et nous ne tarderons pas à voir comment les révolutionnaires n'en tinrent aucun compte, toutes les fois que leurs passions antichrétiennes en étaient contrariées.