‹ L'église du Mans durant la RévolutionChapitre 39 sur 104 · ORIGINE DU SOULÈVEMENT · texte numérisé non relu

ORIGINE DU SOULÈVEMENT

Le soulèvement de la Vendée avoit commencé en mars 1793, à l'occasion du recrutement de 300 mille hommes qui fut ordonné dans toute la France ; il y eut des mouvements en divers lieux qui furent comprimés de suite ; celui de la Bretagne dura quelques mois; les insurgés succombèrent sous de grandes forces ; l'armée de la Vendée, quoique dénuée de munitions, d'armes et de canons, trouva le moyen de s'en procurer dans diverses rencontres et attaques qu'elle fit aux républicains. Les Vendéens armés de bâtons triangulaires par une de lem-s extrémités, s'étaient exercés à une espèce de tactique qui Icui* avoit été enseignée pour s'emparer des canons. Elle leiu* réussit parfaitement;

il5 firent des conquêtes (lui les enhardirent et exaltèrent leurs opinions. Au mois de juin ils prirent la ville de Saumur, dont la déroute reflua jusqu'au Mans et répandit l'alarme; ils l'ëvacuèrent peu de jours aprcs^ passèrent par Angers, se portèrent sur Nantes où ils furent repoussés et contraints à diverses époques de se jeter dans des marais : ce fut ainsi que se passa tout l'été; k gouvernement avoit fait faire contre les insurgés des levées en masse qui furent repoussées avec des pertes considérables; il se détermina à envoyer des forces militaires; l'armée de Mayence, âûDtla garnison de cette ville foraioit une partie, fut employée contre eux; ce fut elle qui eut le plus grand succès: mais il en périt une grande quantité.

Les Vendéens qui avoient battu avec facilité les levées en masse, furent serrés par des colonnes en divers points, et forcés lu mois d'octobre de passer la Loire à Ancenis; ils allèrent à Craon, gagnèrent la célèbre bataille d' Entrâmes, près Laval, qu'ils traversèvent en vainqueur ; la terrem- les précédoit, ils se portèrent par une marche rapide du coté de Granville, prirent w passant sans coup férir, Mayenne, Crucé, Fougères, se porlèrent devant Granville, comptant sur des secours par mer de la part de l'Angleterre, lesquels n'arrivèrent point; ils furent oWIgés de lever l'espèce de siège qu'ils avoient formé. Grent retraite, revinrent par Fougères, Crucé, Mayenne, Laval, Sablé, U Flèche, et allèrent attaquer Angers ; ils ne furent pas plus heuleui devant cette ville qu'ils ne l'avoient été à Granville; l'armée vendéenne se trouva forcée de l'abandonner : un quart d'heure de patience déplus, ils s'en emparoient; le commandant organisoit la déroute : il a été guillotiné quelque temps après.

La grande armée vendéenne ctoit sous les ordres du prince TaJlemont, de Larocheja<iuelin, Stoflct ; et la petite armée qui n'avoit pas passé la Loire, étoit sous les ordres de Charette.

La retraite d'Angers fut l'époque d'un commencement de division qui s'éleva entre les chefs de la grande armée. Le prince Tallemont, l'un d'eux, vouloit marcher siu* Paris, prétendant que plnsieurs de leur [)arti se réuniroient à eux dans les plaines de la Beauce; Larochejaquclin, au contraire, avoit très à cœur de repaner la Loire, et voidoit tout tenter pour suivre son plan: pour cela il proposait de retourner par La Flèche, Sablé, gagner Chàteau-Gontier, de là à Varades, où Charette qui avait quitté l'isle de Noirmoutier devait les attendre et faciliter leur passage. Pendant cette contestation l'aimée déûloit et gagnoit Beaugé,

de là La Flèche, dont on avoit coupé le pont ; dans sa route elle eut quelques petits combats à essuyer de la part des troupes républicaines; jusques-là le parti Larochejaquelin l'emportoit ; mais les tirailleiurs ayant instruit l'armée qu'il étoit parti du Mans luie colonne qui marchoit siu- elle, et avoit établi une batterie de canons à Clermont, village à trois quarts de lieue de La Flèche, sur la route du Mans; cet avis donna cœur au parti Tallemont, qui se renforça par l'espérance de vaincre. L'armée s'avança, mit en déroute complète 15 à 1,600 hommes commandés par Chapelain-Renaudier, chef alors de la garde nationale; ils avoient été envoyés du Mans par Gamier (de Saintes) et le général Chabot ; le bataillon de Valencienncs qui étoit en garnison dans cette commune faisoit partie de cette armée; le triomphe momentané que les Vendéens obtinrent dans cette circonstance fortifia le parti Tallemont dans son projet de se porter sur Paris ; et malgré les représentations de Larochejaquelin, l'armée vendéenne se mit en marche pour le Mans, le mardi matin 10 décembre 1793.

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