‹ L'église du Mans durant la RévolutionChapitre 40 sur 104 · MARCHE DE L ARMÉE VENDÉENNE SUR LE MANS · texte numérisé non relu

MARCHE DE L ARMÉE VENDÉENNE SUR LE MANS

Sur les huit heures du matin, le général Chabot reçut avis de cette marche ; il savoit que les débris de l'armée de Mayence commandés parVestermann étoient à la poursuite desVendéens; mais ceux-ci par une marche forcée et assez rapide, avoient pris une avance considérable; cependant la nourritiu^ malsaine qu'ils avoient prise en Bretagne, où ils n'avoient vécu que de racines et de blé noir; les mauvais chemins, l'intempérie de la saison, leur avoient donné une maladie mortelle dont ils laissoient le germe partout où ils passoient; cette maladie qui étoit une espèce de dyssenterie avoit attaqué presque toute l'armée ; sans elle la marche eût été encore plus rapide, et nous n'en eussions peut-être pas été instruits au Mans, il n'y eût point eu de poste établi à (^ermont, et les Vendéens eussent, à La Flèche, pris la route de Sablé.

Gamier (de Saintes), représentant du peuple, qui était au Mans alors avec le général Chabot, sur la nouvelle qui leur parvint, firent faire avec précipitation quelques retranchements, l'un sur la route de La Flèche avec une redoute et quatre pièces de canon, l'autre au pont de Pontlieue, où ils avoient établi un poste de 50 hommes, des chevaux de frise ; un autre avec un canon masqué fut placé à cent toises du pont sur la levée de la Mission ; ils firent faire des fortifications et abatis de bois à TÉpeau, pla-

cèrent un autre poste au gué de Maulny avec un retranchement, et firent couper deux arches du vieux pont de Pontlicuc; ils sentaient eux-mêmes, d'après les rapports qui leur arrivoicnt à chaque instant que ces précautions étoient insuffisantes ; mais ils les prenoient en vue du bien public et pour celui particulier de la Tille; un décret avoit ordonné que toute Ville qui ne se dcffcndrmt pas seroit déclarée rebelle et rasée ; on se mit donc en deffense autant qu'il fut possible.

Les forces ne consistoient qu'en 200 hussards, la garde nationale de la Tille, an bataillon de jeunes gens de réquisition qui n'aToient jamais vu le feu; ils n'avoicnt ainsi que la garde nationale, que des piques et quelques mauvais fusils. Le bataillon de Yalenciennes fut placé au gué de Maulny, l'artillerie de la ville à Pontlieue étoit commandée par le citoyen Dcsmarrcs^ négociant, qui eut un cheval tué sous lui par un boulet de canon ; ce brave citoyen eut le courage d'enlever de dessus son cheval ses pistolets d'arçon, pour qu'ils ne devinssent pas la proye de l'ennemy, il s'étoit porté au retranchement du pont qui étoit le plus périlleux; d'où fut tiré le premier coup de canon par le citoyen Leblanc, alors officier de la compagnie de canonniei*s. Ce premier coup de canon chargé à mitrailles tua deux Vendéens et un cheval; bientôt il fut riposté par l'artillerie vendéenne qui étoit considérable ; l'armée arriva sur le pont au pas de charge ; le citoyen Desmarres Ht approcher les avant-trains des canons pour les soustraire à l'ennemi, dans l'impossibilité oii étoient les républicains de tenir plus longtemps. Une des pièces ne put êti*e tirée du retranchement où elle étoit, et fut prise par l'armée vendéenne.

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