‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 101 sur 135 · Troisième partie, t. i, p. 256 et suiv · texte numérisé non relu

Troisième partie, t. i, p. 256 et suiv

des dignités politiques qu'il a lait avec éclat ses premiers pas. Mais il ne s'en tient pas à cet apprentissage. Au contraire, peut-être .n'est-il jamais plus -activement mêlé à iradministration de l'État qu'à iparlir du jour où la voix de Dieu, parlant par celle du peuple, semble l'avoir pour jamais arraché à la profeî- •sion qui l'y destinait. C'est l'union du caractère sacerdotal aux plus heureuses aptitudes naturelles qui assure à Amhroise, dans les conseils de l'empire, une place avant lui inoccupée et où il laissera, après lui, l'Eglise pour longtemps assise. Qu'Ambroise résistant à l'appel divin eût persévéré dans la carrière des honneurs du monde, nul doute que son facile génie ne l'eût promptement pointé jusqu'au sommet. Mais patrice ou préfet du prétoire, cet éclat passager, en le désignant à la jalousie de mille rivaux, ne l'eût point défendu contre le caprice d'un seul homme. Il fût resté en butte à toutes les intrigues et à la merci d'une disgrâce. Combien la destinée que l'épiscopat lui ouvre est plus haute et plus sûre que celle qui était tracée d'avance à un ambitieux vulgaire ! Tranquille dans sa btisilique, c'est là que vient le chercher, sans qu'il la repousse, mais sans qu'il l'appelle, la faveur suppliante de trois souverains. Pendant trente années, il conserve assez d'amis dans le consistoire pour être informé à l'heure même des moindres incidents qui s'y passent, à ee point que cette surveillance continue cause, par intervalles» au [dus pieux des empereurs une impatience qu'il n'ose

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pas témoigner *. Parfois, dans des jours de péril, il prend place dans celte assemblée souveraine où tous les visages lui sont familiers; chacun se lève dès qu'il y paraît -. Mais s'il y vient, c'est qu'on le mande, disons mieux, c'est qu'on l'implore pour opposer l'empire de sa parole à la sédition qui gronde ou aux menaces de l'invasion ^. Il y vient, c'est lui-même qui le dit, pour prendre en main l'intérêt du prince, jamais pour défendre ou poursuivre le sien *. A travers les vicissitudes du pouvoir suprême, il garde avec ses dépositaires passagers la même attitude d > supériorité, tant<3t protectrice, tantôt menaçante. Justine, le jeune Valentinien, Maxime, Eugène, Tliéodose lui-même en font successivement l'épreuve. La dignité impériale compalaît devant lui tour à tour comme une pupille orpheline ou veuve dont il gère la tutelle, comme une pénitente qu'il reçoit en grâce, comme une criminelle qu'il éloigne de sa commwjiion. Appelé à donner la bénédiction supréMje -sur ia dépouille d'un héros, il ne trouve pas pour le louer d'expression plus haute que celle-ci : J'ai aimé cet homme ; sûr que son affection est dans ia pensée de la foule qui l'écoute un hommage qui suffit à la mémoire du plus grand liomrae^.

Dans ces occasions qu'il ne recherche pas, mais qui

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