‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 102 sur 135 · Troisième partie, t. ii, p · texte numérisé non relu

Troisième partie, t. ii, p

naissent d'elles-mêmes, de donner son avis sur la chose publique, pour conseiller, absoudre ou condamner, nul embarras dans son langage, nul étonnement dans son esprit. Il a sur les matières d'Étal des idées toutes préparées et un corps de doctrine dont il déduit toutes les conséquences. Nulle incertitude non plus dans ses démarches. 11 est versé dans la pratique de l'administration, rompu aux intrigues du palais, sensible aux moindres nuances des convenances de la société polie et même de l'étiquette des cours. Dans ses ambassades auprès de l'usurpateur de Trêves, comme il sait, tour à tour, en homme du monde consommé, rappeler avec dignité et sacrifier avec aisance les égards dûs à son rang M Dans ses rapports avec le rhéteur Eugène, avec quel art il sait abriter derrière l'indépendance de l'évoque la résistance du citoyen et la fidélité qu'il garde à ses souverains légitimes^ ! Disons tout : le sentiment du rôle qui lui est dévolu dans l'État et de la part qu'il a droit de prendre à la politique ne l'abandonne pas même quand il ne paraît préoccupé que de la défense de son Église. Ce qu'il réclame le plus souvent pour elle, ce n'est pas seulement la liberté de prêcher et de prier sous l'inspiration de sa conscience et sous l'œil de Dieu : c'est aussi la prérogative de figurer seule à une place élevée et exclusive dans les honneurs officiels, et de prendre racine dans le sol par la possession inaliénable

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