‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 103 sur 135 · Troisième partie, t. ii, p · texte numérisé non relu

Troisième partie, t. ii, p

des monuments consacrés à son culte ou des biensfonds qui en alimentent l'entretien. Ce sont, en un mol, tous les témoignages matériels qui affermissent et constatent la domination acquise à la vérité. Ce n'est plus le droit seulement, dont se contentait Athanase : c'est déjà l'immunité et le privilège ^ Par là Ambroise ouvre la marche de cette grande Église du moyen âge, qui, formant un ordre reconnu dans la constitution de l'Europe féodale, servira tour à tour à la royauté chrétienne de contrôle et de conseil, où les souverains trouveront leurs plus redoutables adversaires ou leurs plus habiles ministres. Il y a en lui du Thomas de Cantorbéry et du Suger. Contraste vraiment digne d'étonnement! Ce même Ambroise, romain de naissance et de cœur, élevé dans la religion, c'est trop peu dire, dans la superstition politique du vieil empire, est pourtant le précurseur d'un ordre social tout nouveau, dont le développement, s'il eût pu l'apercevoir à travers les nuages de l'avenir, n'eût causé à personne plus de surprise qu'à lui-même. A ces traits se reconnaît l'œuvre de cette Providence divine, entre les mains de qui la plus vaste intelligence humaine n'est encore qu'un instrument aveugle, et Basile avait raison de s'écrier que le Seigneur lui-même avait choisi Ambroise parmi les juges de la terre pour l'asseoir sur la chaire des apôtres M

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