‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 104 sur 135 · Troisième partie, t. i, p · texte numérisé non relu

Troisième partie, t. i, p

45i RÉSUMÉ ET CONCLUSION.

La même révo-lulio» que font ressortir le contraste des caractères et la succession des événements est mise plus évidemment en lumière par l'analyse comparée des institutions. C'est dans cette étude surtout, c'est en dégageant successivement, pour les mettre en regard, tous les ressorts des deux sociétés, qu'on voit passer de 1 une à l'autre par un courant insensible, le mourement, la vie, puis la réalité et même l'apparence et les insignes du pouvoir.

A contempler par le dehors les deux constitutions de l'Eglise et de l'empire, au premier moment de la pacification qui les réunit, un observateur superficiel pourrait n'être frappé que de leur ressemblance. L'une et l'autre sont des monarchies, et des monarchies on le rang suprême constamment accessible, n'est point enfermé dans une caste ou une dynastie héréditaire. Les chefs de l'une comme de l'autre résident dans la même ville où est fondé le siège de leur puissance et doivent tous deux une part de l'éclat qui les environne au prestige de cette cité sans rivale. Rome est le piédestal sur lequel s'élèvent la grandeur du pape et celle de l'empereur. De ce centre commun rayonnent, pour ainsi dire, les deux autorités, pour s'étendre ensuite et se fractionner dans le même ordre hiérarchique en divisions et subdivisions parallèles. Chaque grande ville renferme dans son sein un évêque et un préfet dont les juridictions couvrent, par une règle à peu près sans exception, le même territoire et s'arrêtent aux mêmes

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limites*. lis ont au-dessous d'eux, l'un des conseils de décurions, l'autre, des- collèges- de prêtres associés aux soin& et à la responsabilité de chaque gouvernement local. Ainsi tous les degrés se correspondent, et loin de fuin l'assimilation, l'Église paraît la rechercher. 11 y a tel jour où. groupée tout, entière autour de Constantiu, on dirait qu'elle est pressée de se mouler sur l'empire ^, comme l'argile sur le marbre, au. risque d'accepter le r-ang inférieur que la copie: garde toujours en présence du modèle.

Laissez passer quelques années, puis reprenez, la comparaison à chacun des degrés de l'échelle. Voici le changement qu'a vu s'accomplir l'intervalle de moins d'un siècle.

Le pouvoir politique s'est: divisé. U repose désormais toujours sur deux, parfois sur quatre têtes. Do ces copartageants de l'empire aucun n'habite Rome. A peine la ville éternelle corapte-t-elle en cent années trois visites impériales de quelques jours chacune '. La digjiité souveraine erre à travers l'empire, s'asseyant tour à tour à Trêves, à Milani, à Antioclie,, ou dans une Rome nouvelle, sans racines comme sans souvenirs. Ainsi l'empire a perdu l'unité au sommet et la stabilité au fondement. Une fissure profonde déchire la pyramide de la cime jusqu'à la base.

i. Première partie, t. ii, p. 11. — Troisième partie, t. i, p. 149.

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