S. Amb., Ep. xvu, p
religion. Moi, évoque, je nie présenle pour elle... Si vous me refusez, aucun évêquc ne pourra supporter en paix celle iniquité; vous pourrez encore vous ndrcssoi à l'Église, mais ou vous n'y trouverez point de prêtre; , ou vous ne les trouverez que prêts à vous résister*.')
Ni Valenlinien, ni sa mère, qui eussent prolmblement aimé moins de bniit, ne se sentaient assez ferme* I ' sur le trône pour braver en face le courroux déclaré de révoque. Valenlinien d'ailleurs était un enrnnt d'un ■ naturel doux et affectueux, et Ambroise, en le recevant dans ses bras pendant un jour de trouble, avait gagné son cœur. La pièce fut donc remise à Ambroise qui, ine fois qu'il la posséda, se mit en devoir de la réfuter it comme de la dépecer pbrase par phrase dans les serres d'une logique impitoyable.
Il faut le voir déchirer tous les voiles délicats de la rhétorique et de la poésie dont s'était enveloppé Symmaque, dissiper d'un souffle toutes les équivoques, substituer partout aux nuages de l'allégorie les clartés de la foi, aux visions déiliées de l'imagination humaine la réalité du Dieu fait homme, à la stérile mélancolie lies regrets l'espérance qui regarde en avant et commande à l'avenir.
« Le très-illustre préfet de Rome vous a repré-
i. Si civilis causa esset, diversîe parti responsio servarotur. Causa
religionis est : episcopus coiiveuio. Detur milii exemplum lelationis, ut
ego plenius respondeam... Certe si aliud statuitur, episcopi hoc œquo
' anime pati et dissiinulare non possumus. Licebit tibi ad ecclctiani
conveuire; sed illic n m invenics saceidotem, aut invenics resistcutei»
C8 LA POLITIQUE DE SAliNT AMBROISE.
sente Rome gémissante et toute en larmes, qui réclame le culte de ses antiques cérémonies. Ce sont ces saintes pratiques, suivant lui, qui ont repoussé Annibal de nos murailles et les Gaulois du Capitolo. Mais ne voit-il pas qu'en vantant la puissance de ces cérémonies, il en démontre en même temps l'infirmité ?,.. Puisque ces dieux combattaient contre Annibal, comment l'avaient-ils laissé parvenir en vainqueur jusqu'aux murailles de la ville?... Et les Gaulois, n'allaient-ils pas pénétrer dans l'intérieur même du Capitole, si le cri d'une oie ne les eût trahis? Où était donc alors leur Jupiter? Était-ce lui qui parlait par le cri de l'oie*? Accordons même que les rites sacrés protégeaient les armes de Rome; mais Annibal n'adorail-il pas aussi les mêmes dieux? Choisissez donc : si les dieux ont vaincu avec les Romains, ils ont succombé avec Carlhaae; et s'ils ont été vaincus avec les Carthaginois, comment pouvaient-ils au même moment donner la victoire aux Romains? Laissons donc cette plainte prétendue du peuple romain. Ce n'est pas là ce que Rome vous a chargé de nous dire. Elle parle un autre langage. Pourquoi, ditelle, m'ensanglantez-vous chaque jour par le stérile sacrifice de tant de troupeaux? Ce n'est pas dans les fibres palpitantes des victimes, mais dans la valeur des guerriers, que se trouve la victoire. C'est par une autie science que j'ai soumis le monde. C'est par les armes