s. Jean Chn^s. — Liban., [oc. cit
1^2 LA SEDITION d'aNTIOCIIE
il doscendait de voiture devant le palais impérial. Tant de 1 àte n'était pas nécessaire. Il était exaucé d'avance. Depuis huit jours déjà, l'évêque Flavien était au palais, et la grâce d'Antioche était obtenue.
Nous ne connaissons l'entrevue qui eut lieu entre le souverain irrité et l'évêque suppliant que par le récit, amplifié sans doute, que Chrysostome nous a transmis. 11 en faut retrancher bien des développements oratoires, évidemment ajoutés après coup, suivant la mode générale qui, des écoles de rhétorique, avait passé dans l'Église. En somme pourtant, rien n'est plus touchant, et dans ses traits généraux le tableau est d'une vérité saisissante. Admis à l'audience impériale, l'évêque se tient à l'entrée de la salle, à distance du trône, muet, la tête basse, les yeux pleins de larmes, n'osant avancer, et comme portant le poids des péchés de son peuple. A l'aspect de cette douleur vénérable et de ces cheveux blancs inclinés, l'honnête empereur s'arrête, intimidé lui-môme par cet effet inattendu desa colère. Loin de récriminer, c'est lui qui s'excuse. « Voyez, dit-il, je vous en fais juge : m'a-t-on traité justement, et n'ai-je pas le droit de me plaindre? De' quelle injure étais-je coupable? Et si je l'étais, pouiquoi, pouvant se venger sur moi, ont-ils compris les morts dans leur vengean<îe? N'était-ce point assez d'outrager des vivants? Fallait-il troubler, dans leur sépulture, ceux qui ne sont plus *? »