Cod. Theod., xvi, 1. 1, liv. 4; t. I
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cause de la foi, l'héritage du confesseur Eusiorge, de Mirocle, et de tous les évêques fidèles qui ont été avant moi. Voilà ma réponse : je dis ce qu'un prêtre doit dire : que l'empereur fasse ce qu'un empereur doit faire ^ »
Chacun s'attendait cette fois à voir mettre la main sur lui, et elTectivement un ordre d'exil lui fut envoyé. Mais il était ainsi conçu : « Sortez de la ville, et allez où vous voudrez. » C'était montrer assez clairement qu'on voulait se débarrasser de lui, mais qu'on craignait de toucher à sa personne. C'était en même temps dicter sa réponse. Il fit savoir qu'il était prêt à suivre ceux qui viendraient le chercher pour l'emmener, et en attendant il continua à se promener librement dans Milan, sortant même plus que de coutume pour faire des visites ou aller prier sur les tombeaux des martyrs, et dans chacune de ces allées et venues passant avec affectation devant le palais, à portée du poste qui en faisait la garde. Le peuple s'attroupait pour le voir passer; les pauvres venaient baiser sa main: u Voilà mes défenseurs, disait-il ; on dit que je cherche à gagner leur assistance par mes aumônes : je ne le nie pas; oui, toute ma défense est dans la prière des pau-' vres. Ces aveugles, ces boiteux, ces infirmes, sont plus forts que tous les gens de guerre. Les dons qu'on fart aux pauvres obligent Dieu lui-même, tandis que le
1. s. Amb., Ep. XXI. Sermo cont. Aux., p. 868 : Respondi ego quod sacerdotis : quod imperatoris est faciat imperator.
secours des armes mérite rarement la grâce divine K » Il y avait juste un an de la première tentative, et le retour de la même époque de Tannée ramenait les mêmes solennités. Ambroise fit cette fois les offices de la semaine sainte dans la grande église, au milieu de Taffluence accoutumée. Seulement, vers le soir du premier jour, la foule, craignant qu'on ne le lui enlevât et ne voulant pas le perdre de vue, refusa de le laisser sortir et de se retirer elle-même. Il fallut veiller avec elle cette nuit et les suivantes, soit dans l'église, soit dans les portiques et autres bâtiments accessoires qui y attenaient et en faisaient partie, pendant que des troupes envoyées par la cour montaient la garde aux portes dans des intentions menaçantes. Les fidèles, croyant à tout instant que le temple allait être envahi, fermaient avec soin les portes et élevaient intérieurement des barricades. Ambroise les décourageait en souriant de cette tentative, leur répétant que cette défense ne le ur servirait de rien, et que l'attaque non plus ne pourrait rien contre eux sans la permission divine. Un matin, on remarqua avec effroi que les portes étaient restées ouvertes toute la nuit. C'était un aveugle qui en sortant
1. Ibid., p. 867, 873. Dicentes: Exi de civitate et vade quo vis. Expectabani fateor... Ergo ipse non quotidie vel visitandi gratia prodibam, vel pcrgebam ad mariyres? non regiam palatii praeteribam eundo atque redeundo? et tamen nemo me teuuit... Habeo defensionem se l in orationibus pauperum. Cœci illi et claudi, débiles et senes robnstis bellatoribus fortiores sunt. Denique niunera pauperum Deum ob'igant... prœsidia bellatorum diviuam sœpe gratiam non mei'entur,
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avait oublié de les refermer. Ni les soldais ni la foule ne s'en étaient aperçus : « Vous voyez, dit Ambroise, les clairvoyants n'en savent pas plus que les aveugles. Il n'en sera que ce que Jésus-Christ ordonnera, et ce qui est utile. » Les soldats d'ailleurs cette fois, pas plus que l'année précédente, ne se montraient bien hostiles; et plus d'un, pendant l'office, se détachait de sa troupe pour venir chanter des cantiques avec les chœurs du peuple *. Ce fut en effet pendant cette espèce de siège, qui se prolongea encore toute une semaine, qu'Ambroise, ne sachant à quoi occuper celte foule désœuvrée, imagina de lui faire prendre part au chant religieux suivant le mode oriental régularisé par Basile. L'usage de la psalmodie, c'est-à-dire des répons alternatifs entre le clergé et les fidèles, ignoré jusque-là en Occident, y fut olors pour la première fois importé, et c'est de Milan qu'il s'est répandu dans toutes nos églises. Mais Ambroise, ne se contenta pas des psaumes liturgiques, qui n'auraient pas suffi pour remplir ces longues veilles. Il y joignit des hymnes d'une poésie élevée, qu'il composa lui-même pour la circonstance. Nous avons encore ces chanis, où rien ne se ressent du trouble de ces jours de péril, et qui semblent au
I. Ibid., p. 86G. — Tillemont, Bist. eccl., t. x; S. Ambroise, xi.v, fait remarquer avec raison que le séjour d'une si grande foule dans une église pendant toute une semaine serait incompréhensible, si l'or ne se souvenait que l'enceinte consacrée aux basiliques renfermait des logements complets réservés aux ecclésiastiques, et qui pouvaient, par conséquent, servir d'abri pendant la nuit, aussi bien que fournir de issues pour faire eutrei des provisions.
contraire une de ces effusions de reconnaissance que la nature paisible élève vers le ciel en se sentant renouvelée à chaque heure du jour par le soleil et par la grâce*. .
Voici une hymne, par exemple, qui était destinée à rappeler les fidèles autour de l'autel, le matin, quand, après s'être endormis au pied d'une colonne ou épars dans les portiques et les cours intérieures, ils étaient réveillés par le chant du coq et par les premiers rayons de l'aurore : « Créateur éternel des choses, c'est toi qui disposes les nuits et les jours, et qui donnes la mesure au temps, pour en alléger la monotonie. Yoici le héraut du matin qui se fait entendre.... et Lucifer, éveillé par son chant, dissipe les ténèbres qui couvrent le ciel. A ce chant aussi, la pierre sur laquelle l'Église se fonde s'est réveillée pour expier sa faute. Debout donc : le coq fait lever ceux qui gisent à terre; il accuse ceux qui dorment encore; il condamne ceux qui renient Jésus-Christ-. »
Cette autre, au contraire, accompagnait la chute