Pacatus, Pan. Theod., xxxv, xxxvi. — P. Orose, loc. cit
leur faisait distribuer de l'argent pour raffermir leur fidélité, quelques soldats se détachant des rangs vinrent Tar- 1 racher du siège élevé où il était assis, le dépouillèrent du diadème et de la pourpre, lui lièrent les pieds et les mains, puis, tous les autres laissant faire et regardant j ce spectacle d'un air étonné, ils se mirent en devoir de conduire leur captif dans cet attirail jusqu'au camp de Théodose. C'était le 25 août, et il y avait cinq ans, presque jour pour jour, que Gratien avait vu sa destinée tranchée par un dénoùment du même genre. De tels incidents cessaient d'être tragiques à force de devenir vulgaires ^
Averti de l'arrivée de ce répugnant cortège. Théodose le fit entrer dans sa tente, où il le reçut en présence du jeune Yalentinien. Son intention n'était pas sans doute de repaître les yeux d'un enfant de l'infortune d'un ennemi, mr s de lui donner le spectacfe sahitaire d'un grand coup de fortune. La scène fut saisissante. A la vue de son rival, naguère son collègue, enchaîné et fondant en larmes. Théodose se sentit saisi d'un mélange de dégoût et de pitié. 11 détournait ses regards, comme s'il n'eût pu supporter la vue d'un tel abaissement, et lui adressait d'un ton de miséricorde dédaigneuse quelques questions dont il n'écoutait pas la réponse. On vit même le moment où il allait lui ordonner de se retirer sans rien décider sur son sort.