Ep.xu, p. 962, 9G
2. /6(>^ Rêvera desj'iiagogareparandaabepiscopo dnrius statueram: sed eaiendatum est. Moiiachi multa scelera faciunt.
dose; faites que je l'offre pour vous sans crainte : déli- Troz-moi ainsi du poids qui charge mon âme. — C'est 1)0M, dit l'empereur en se rasseyant, les ordres seront adoucis, je vous le promets. » Mais cette parole vague et murmurée d'assez mauvaise grâce ne fut pas tenue pour suffisante. « Supprimez tout le procès, dit Ambroise avec insistance : si vous en laissez subsister quelque chose, votre magistrat en profitera pour écraser les pauvres chrétiens. » Le dialogue se prolongeait au milieu de l'assistance en suspens, et la situation devenait intolérable. L'empereur s'exécuta donc et promit tout ce qu'on voulut. « Vous le jurez, dit alors Ambroise : je vais offrir le sacrifice sur votre parole. » El il répéta jusqu'à deux" fois ces mots : sur votre parole. « Oui, sur ma parole, » dit l'empereur, qui à tout prix voulait en finir ^ Le sacrifice commença, et jamais, écrivait Ambroise à sa sœur le lendemain, je ne sentis de marque si sensible de la ]>résence de \ Dieu dans la prière -.
Les mêmes scènes faillirent se renouveler peu de jours après, pour un sujet qui dut paraître plus grave encore, surtout aux yeux d' Ambroise. Ce fut lorsque le sénat de Rome, un peu confus sans doute de la pronriHe^j adhésion qu'il avait donnée à l'usurpation, mais iw voyant d'autre manière de réparer sa faute qu'un
1. Aio illi : Ago fide tua, et repetivi : Ago fide tua. Age, inquit, fide mea.
% S, Amb., Ep. XLi, p. 9G3.
repentir plus prompt encore, vint offrir ses hommages à Théodose et le prier d'honorer la ville éternelle de sa présence. Quelques phrases furent glissées timidement dans la requête au sujet du vœu particulièrement cher aux sénateurs païens, le rétablissement désiré de l'autel de la Victoire. C'était une manière indirecte de faire payei- sa bienvenue au nouvel empereur. L'idée de visiter la capitale de l'empire et d'y cherchei-, [tour le pouvoir de son jeune pupille, une consécration utile, sourit fort à Théodose; et, pour ne pas indisposer d'avance les esprits, il se montra assez enclin, sinon à se prêter à la demande qui lui était faite, au moins à ne pas enlever toute espérance par un refus péremptoire. Il reçut donc la députation avec bienveillance, et évita de se prononcer trop nettement dans un sens qui piit lui déplaire. Mais Ambroise, informé de cette hésitation apparente, n'entendit pas raillerie sur l'équivoque. Il accourut tout exprès au palais pour s'en expliquer très-vertement avec Théodose et, suivant sa propre expression, lui jeter sa pensée au visage'. Puis, comme le souverain embarrassé ne lui faisait pas réponse à son gré, il sortit du palais et n'y rentra pas de plusieurs jours. Théodose réfléchit en silence, et quand la députation repartit, elle emporta avec la promesse d'une visite prochaine la certitude qu'Ambroise était toujours tout-iniissant, et que la bien-