s. Jér., Ep. XLV. — Bar., Ann. eccL, an
2. Pacatus, Pan. Theod., xlvii : Quis in curia fuerîs, . . quis in rostris, nt pompam prseeuntiiim ferculorum curru modo, modo pedil>ns subsecutus. . . ut te omnibus priucipem, singulis exhibueris senatorem.
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sur la terre, il abjurerait, à l'aspect d'un tel souverain, sa haine de la royauté.
De réactions religieuses ou politiques, d'intervention entre les diverses sectes ou les diverses nuances d'opinion en rivalité dans l'Église, nul vestige. Le sénat tremblait, ayant salué Maxime avec trop d'ardeur, et Synimaque, qui avait olfert trop promptement au tyran ses éloges, se posait déjà par anticipation en victime. Théodose parut sincèrement avoir tout oublié. Symmaque put reparaître, parler de nouveau sur le même ton à une autre adresse, et n'emporta que la promesse d'un prochain consulat. Théodose paraissant avant tout curieux de s'instruire, porta peu de lois et prit lui-même très-peu de décisions à Rome. Parmi le petit nombre de décrets qui portent cette date, un seul a trait à des matières religieuses : c'est celui qui renouvelle contre la petite et obscure secte des Manichéens, dont un groupe obstiné et méprisé persistait à Rome, les peines déjà édictées par des lois précédentes. Un autre, relatif aux faits de magie, et dont le texte est obscur, paraît avoir pour but de soustraire aux violences de la foule les prévenus de sorcellerie plutôt que d'armer la justice de nouvelles rigueurs contre ce vieux délit. Un autre, enfiu, restreignant le nombre des jours fériés de l'année romaine, place officiellement des fêtes chrétiennes sur le même pied que les solennités du vieux culte; mais probablement on s'attendait à une révolution plus complète, et cette égalité reconnue par un vainqueur dut
paraîlre plutôt aux sectateurs des dieux humiliés un ménagement qu'une injure. Tout le reste ne traite que de matières administratives: ce sont de bonnes et saiios mesures d'utilité publique; c'est la répress-on de désordres et d'abus que l'absence trop prolongée du i)ouv(iir suprême avait laissé, sur certains points, dégénérei" en véritables scandales. La préoccupation particulière de Théodose reparaît seulement dans l'accroissement de sévérité des peines poilées contre l'adultère, et dans la suppression des maisons de prostitution, qui à la vérité étaient devenues de véritables repaires de brigandage autant que de débauche*.
En tout Théodose parut prendre à tâche de se présenter comme le restaurateur, non comme le rél'ormateur de la cité. Quelques textes assurent même qu'il poussa cette prétention jusqu'à proposer en |)lein sénat le rétablissement de la vieille censure républicaine, et des passages assez obscurs des lettres de Symmaque prêtent en efTet à cette étrange assertion un peu d'apparence. Si le fait était avéré, ce serait presque le seul trait d'ostentation qu'on pourrait re-
1. Cod. Tlieud., xvi, t. 5, 1, 18; ix, t. 35, 1. 3. — Soc, v, 14. — Un écrivain du siècle suivant, Prosper d'Aquitaine, dans le livie de Prumissis Dei, affirme que Symmaque fut banni par Tliéodose. liien ne contirme cette assertion, démentie par le ron^ulai qui lui fui c nf ré l'année suivante. Une lettre de Symmaque ^1. 111, ,)1) ténio giie de ses craintes, mais non d'aucune disgrâce effective. — Socrai.- dit que Théodose aurait exercé sa vengeance contre Symiiu^iue si ce'.ui-ci n'avait pas été protégé par l'évêque des Novatieiis de Runie Léoiiûiis. Ce r-'cit ne nous parait présenter aucun caractère de vraisemblaucc.
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lever chez Théodose, car assurémenl l'idée de chercher un Caton parmi les Qiiirites dégénérés n'avait pas la prétenlion d'être prise au sérieux, et Symniaque se liàle de dire qu'il la conibatlit et que le sénat la rejeta tout d'une voix, sans doute pour empêcher le ridicule de l'épreuve ^
Quoi quil en soit, Théodose recueillit prompfement le fruit de cette modération politique. S'il eût pris parti activement à Rome, comme il avait fait à Constantiiiople, dans les querelles intestines des chrétiens, il eût compromis inutilement, devant un public à moitié païen, et sa propre autorité, et le renom de la religion qu'il représentait. En paraissant ignorer ces débats, il réussit à leur imposer au moins une trêve. D'autre part, s'il eût blessé, par une trop grande ardeur d'innovation, le culte que la vieille Rome professait pour elleraêaie, il l'eût rejelée violemment tout entière vers les autels qui lui rappelaient le passé de sa gloire. En se montrant au contraire aussi Romain, presque plus républicain qu'aucun autre, il séparait la cause de Rome de celle du paganisme, et offrait ainsi aux consciences partagées et aux cœurs timiJjs un terrain de conciliation. A un empereur qui ne commandait rien, ne mettait ses faveurs au prix d'aucune flatterie, se montrait respectueux pour tous les scrupules et tous les souvenirs, on put céder sans paraître faiblir ou trahir. Nous