Symmaque, Ep. 1. iv, 29, 4ô; 1. v
LA rCNlTF.NCE DE TUÉODOSE. 287
croyons donc tout à fail, comme le raconte un témoin presque contemporain, le poëte Prudence, qu'avec le voyage de Tiiéodose coïncida dans Rome, et principalement dans les rangs du sénat, un mouvement assez rapide de conversion au chrisliaiiisme. Des familles entières, et des plus puissantes, vinrent fléchir le genou devant l'autel du Dieu qu'adorait l'empereur. Sans doute le tableau que l'historien poêle nous trace est chargé de couleurs un peu trop vives; sans doute Théodose ne mit pas aux voix, en plein sénat, l'adoption du nouveau culte et l'anéanlissemeut de l'ancien; sans doute on ne vit pas, comme Prudence l'afiirme naïvement, les pères conscrits en masse déposer la robe pontificale pour prendre la blanche tunique du catéchumène; mais on ne peut douter pourtant qu'à partir de ce moment l'équilibre des partis fut rompu dans l'auguste assemblée, et une majorité acquise à un christianisme plus ou moins sincère. On ne peut douter non plus que parmi les motifs que ces néophytes peut-être intéressés mirent en avant auprès de leurs amis pour justifier leur défection, ne figurât celui même que le récit poétique leur prête, à savoir le dessein de rajeunir Rome, de faire en sorte que sa vertu ne parût piu décrépite^ et que sa gloire ne connût pas le déclin de la vieillesse ^ A un patriotisme vieilli les traiisluges