Piufin, II, 22. — Soz , VII, 15. — Soc, v, IG
insolence, et leur voix couverte par des cris : « Prenez donc garde à vous, dirent les magistrats de plus en plus troublés, craignez que la sévérité des lois ne tombe sur votre tôle, car nous allons faire notre rapport à l'empereur. » Ils se retirèrent en effet pour écrire leur dépêcbe, et Olympe, remarquant que ces dernières paroles jetaient quelque trouble parmi ses gens, les harangua avec un redoublement de passion : « Ne craignez rien, leur disait-il; croyez-vous que parce que vos dieux ont laissé violer leurs temples et briser leurs statues, ils ont cessé d'être et d'agir? Des statues, des images, qu'est cela? un peu de matière sujette à la corruption. Mais les vertus qui les animaient se sont réfugiées dans le ciel, d'où elles ne cessent de vous protéger. » Les courriers partirent pour Milan, et, dans l'attente de la réponse impériale, une sorte de trêve s'établit : un calme sinistre régna dans la ville, chacun des deux partis gardant sa position '.
Telles furent les nouvelles qui attendaient Théodose à son retour de Rome. Une grande ville livrée à la sédition et les païens en pleine révolte, il y avait assurément là de quoi le troubler. 11 reçut pourtant ces graves informations avec un calme dans lequel un mélange de contentement fut bientôt visible. L'occasion qu'il cherchait de frapper en Orient un coup déci-