‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 69 sur 135 · raifiii. — Soz., loc. Cit · texte numérisé non relu

raifiii. — Soz., loc. Cit

sif conire l'idolàtrio lui ('tait offerte sans avoir été [trovoqiiée : il se pronnt bien de ne pas la laisser échapper. Autant il s'était montré à Rome indulgent et endurant, auîant il fut pressé de faire sentir à Alexandrie n::e main inlîexible et la résolution de trancher dans le vif. La sédition lui importait peu, sûr qu'il était d'en vem'r à bout par la moindre démonstration de force. Aussi, en réprimandant sévèrement les révoltés, n'ordonna-t-il aucun châtiment contre eux. « Les chrétiens (lui ont péri dans cette lutte, dit-il dans sa réponse aux magistrats, ont la gloire du martyre, ils n'ont pas besoin de vengeance. Épargnez leurs mi urtriers, pour faire apprécier à ces malheureux la douceur de notre religion, et porter leurs âmes à la foi par la reconnaissance. Mais nous ordonnons, ajoutait-il. que tons les temples, sans exception, qui ont servi d'occasion à cette détestable sédition, soient rasés •BU niveau du sol. » Et il chargea de l'exécution l'évèque Théophile, de concert avec les magistrats ^

A peine arrivée à Alexandrie, la décision de l'emperenr y fut lue en public, et, grâce à la trêve qui régnait encore, les deux partis, accourant autour du héraut, purent l'entendre de la même bouche. A peine les premières lignes, qui ne laissaient aucun doute sur lapensée du souverain, eurent-elles été prononcées, qu'un long cri de joie s'échappa de la poitrine des chrétiens,

I Tinfîn. — Soz., loc. cU

tandis que les païens, sentant fondre tout d'un coup leur courage d'emprunt, se dérobaient en foule de tous côtés, sans vouloir en entendre davantage. Chacun alla chercher une retraite où il pût se dérober personnellement aux poursuites : nul ne reprit le chemin du Sérapéion, qui resta vide. On y chercha vainement Olympe lui-même : il avait disparu. Dès la veille il s'était embarqué et avait fait voile pour l'Italie. Plus tard, quand on lui demandait la cause de cette retraite précipitée, il racontait que dans le silence de la nuit, toutes les portes étant fermées, il avait entendu dans le sanctuaire même de l'idole une voix isolée qui cbantait y Alléluia \

Il ne restait donc plus qu'à procédera la de&'u'uction de l'idole et du temple, et la foule chrétienne pénétra, sans résistance, l'évêque en tête, jusqu'au fond du sanctuaire. Mais là elle s'arrêta, comme contenue par une main invisible. Une vieille légende rapportait que celui qui serait assez osé pour toucher l'image sainte verrait la terre s'ouvrir sous ses pas, ou le ciel fondre sur sa tête. Personne n'était pressé de tenter l'épreuve. Théophile pourtant fit honte de celte lâcheté à un soldat qui se trouvait à ses côtés : et celui-ci, ramassant son courage, porta de toutes ses forces un coup de Iwche sur la joue du colosse. Il y eut un instant de saisissement, puis un grand cri, et chacun regarda

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