I. s. Amb., Ep. xir; — S. Jér., De Viris iUustribns. )'n
voie (le raiilorité qui caractérisait Ambroise, ce ne fut point à l'Église divisée, ce fut à l'empereur luimême qu'on résolut de s'adresser. Deux lettres des évoques d'Italie, portant en tête de leurs suscriptions le nom d'Ambroise, demandèrent en termes formels à Théodose de s'entendre avec son collègue impérial pour provoquer la réunion d'un concile œcuménique, afln de connaître des différends élevés au sujet des deux grands sièges primatiaux de l'Asie. Le lieu même de la réunion était indiqué d'avance. Ce dut être d'abord Alexandrie ; puis l'Occident prenant courage et voulant constater tout à fait sa supériorité, dans la seconde lettre il fut positivement demandé que Rome fût désignée comme le rendez-vous de l'Église universelle.
« Nous connaissons, disait cette pièce, ô Empereur, votre âme dévouée, avec une foi si sincère et si pure, au Dieu tout-puissant. Les bienfaits dont vous nous avez comblés sont récents : vous avez rendu les églises aux catholiques. Mais plût à Dieu que vous eussiez rendu aussi les catholiques à leur ancien respect pour la discipline de l'Église!... Nous gémissons qu'il vous ait été plus facile de proscrire les hérétiques que de réunir les catholiques. » Ce fut par ce fier langage, qui semblait lai imposer un devoir en lui demandant une grâce, que Théodose apprit pour la première fois peut-être à connaître le nom d'Ambroise. Ce n'était ni la dernière
ni la plus sévère répiimaiide qu'il dût enterdre de la même bouche ^
Théodose aurait pu s'offenser de celle intervention dans les affaires de son domaine, d'autant plus que k reproche était mal fondé, el qu'il savait à quoi s'en tenir sur la valeur morale des dénonciateurs qui avaient accusé ses sujets. L'idée d'envoyer ù liome tout son clergé supérieur, et de faire décider hors de chez lui qui serait l'évèque léj^itime de ses deux plus grandes cités, ne pouvait assurément pas lui sourire. Mais, avec ce grand sens pratique dont il était doué, il comprit que la meilleure manière de se délivrer de la [)roposilion était de la faire décliner par les évoques eux-mêmes. Il en rassembla donc un certain nombre à Constantinople, qu'il chargea de répondre à sa place aux évêques d'Occident. Ceux-ci, entrant aisément dans sa pensée, s'excusèrent en termes polis, bien qu'un peu secs, de se rendre à l'invitation de leurs frères, alléguant la nécessité de leur présence dans leurs diocèses, et assurant qu'ils n'avaient à se rcqnocher aucune infraction aux règles de la discipline, a Nous apprécions, disaient-ils non sans quelque aigreur, la charité fraternelle par laquelle vous nous invitez
à nous joindre à vous alln qu'après que nous
avons été seuls à souffrir pendant ces dernières années, vous ne soyez pas seuls à régner maintenant