Clau''.., de quart, const. Hon., v
Hune sibi Germaniis famulum delegerat exuL
2. Philost. — Zos. — Soc. — P. Orose, loc. cit. — Symmaque, Ep. GO. — S. Amb., Ep. lvii, II, 12, p. 1012. Dans cette lettre, sur laquelle nous aurons à revenir, Ambroise dit expressément qu'il a été en rapport avec Eugène pendant que celui-ci était simple particulier, et lui parle comme à un chrétien. Philostorge s'est donc trompé en affirmant que cet usurpateur était païen de naissance, mais on verra par la suite que cftte erreur était excusable, Eugène seiant conduit absolument comme s'il appartenait aux ennemis du christianisme. — Rufin, \[.lil.
La députation lit diligence, et arriva à Canstantinople dans les derniers jours de 392, presque en même temps que la nouvelle du crime et que le courrier parti de Milan. Elle trouva le palais impérial plongé dans la stupeur. L'impératrice Galla, tendrement attacliée à son frère, faisait retentir ses appartements de ses cris, et, comme elle était dans un état de grossesse assez avancée, la surprise et le désespoir lui causèrent un saisissement dont elle ne se remit pas. Tliéoilose lui-môme, pénétré d'indignation, et se reprochant sans doute de n'avoir pas tenu assez décompte des plaintes de son malheureux beau-frère, n'était guère en humeur d'écouter les propositions d'un usurpateur qui tenait son pouvoir d'un traître. Il n'était pourtant pas possible de refuser audience à des évoques, ni même prudent de se constituer en hostilité avec le général qui avait dans sa main toutes les armées d'Occident, avant d'avoir eu le temps de se mettre soi-même en état de défense. Il consentit donc à recevoir les ambassadeurs; mais il leur fit peu de questions et encore moins de réponses, écouta de sang-froid le récit qu'ils lui présentèrent des événements, ne contredit pas les protestations ([u'ils étaient chargés de lui faire de l'innocence d'Arbogast, et les congédia sans avoir prononcé une parole dont le nouveau tyran pût ni s'offenser directement, ni se prévaloir pour se vanter d'êlre reconnu. 11 répondit en même temps à Ambroise de faire procéder sons délai aux funérailles avec toute la splendeur royale. Il indi-
quait en particulier, comme pouvant senir à recevoir la dépouille mortelle, une vaste urne de porphyre du plus beau grain qui existait à Milan, et oij autrefois déjà avaient été déposées les cendres de Maximilien Hercule, le collègue de Dioctétien *.
La cérémonie eut lieu, et ce fut pour Ambroise la première occasion de sortir de la retraite qu'il n'avait pas quittée depuis la fatale nouvelle, et où il s'enfermait autant peut-être par prudence que par le penchant de sa douleur. Sa situation, en effet, était des plus délicates. Son affection pour la royale victime, son horreur pour ses assassins, sa répugnance pour le régime nouveau, n'étaient un mystère pour personne, el sur tous ces points il était en sympathie avec tous les honnêtes gens d'Italie. Mais parmi ces honnêtes gens aucun ne songeait à faire la moindre résistance. Du moment où les légions de Gaule avaient prononcé, et jusqu'à ce que d'autres légions amenées par Théodose eussent détruit par la force ce que la force venait de faire, Eugène paraissait à tout le monde un souverain plus désagréable peut-être, mais tout aussi légitime qu'un autre. Ainsi le voulait la constitution que les siècles avaient donnée à l'empire, et Ambroise, qui se faisait peut-être du droit politique une idée plus élevée, ne pouvait songer à la faire partager à ses contempo-
i. Zos. — Rufin, loc. cit. — S. Amb., Ep. im. 2. A. D. 1^93. — Indictio. vi. — U. C. 1146, — Theodosius. Aug. m, H Abundantius, Coss.
rains^ encore moins à prendre lui-même l'initiative d'aucune résistance. L'obéissance passive aux plus mauvais maîtres [etiam dyscolîs^ avait dit saint Paul)t en tout ce qui n'offensait pas directement la foi, était la tradition de toute l'église chrétienne, et Ambroise eût causé autant de scandale que de surprise en s'en écartant. Son dessein était donc de paraître le moins possible, pour n'avoir aucun acte de soumission à faire ni à refuser au nouveau souverain, et pour laisser à Théodose le temps d'arriver. L'excès de sa douleur expliquait assez bien cette attitude et lui servait de prétexte'pour ne faire aucune réponse directe à la lettre qu'Eugène lui avait adressée.
Il n'hésita pourtant pas à se montrer, et même à prendre la parole devant toute la ville le jour où le dernier hommage dut être rendu à son élève chéri. 11 prononça dans la grande église de Milan l'oraison funèbre de Valentinien. Son discours, plein d'une émotion sincère, portail aussi l'empreinte de l'habileté la plus consommée. En même temps que toutes ses expressions étaient de nature à entretenir la vivacité de la douleur et même de l'indignation générales, pas une cependant ne désignait directement comme les auteurs du malheur public ceux auxquels tout le monde pensait. 11 laissait régner sur sa pensée un nuage transparent qui ne la dissimulait à aucun regard. Il imputait la mort de Yalenlinien au projet formé par le jeune empereur de venir en aide à l'Italie menacée. Mais comment
un dessein si généreux avait-il iiâté sa fin? Qui donc lui en avait fait un crime? C'est ce qu'il n'indiquait pas, laissant chacun répondre pour lui à la question: (( Valentinien enfin arrive parmi nous, s'écriait-l-il, mais non pas tel que nous l'attendions. Il a voulu pourtant remplir sa promesse, même au prix de sa vie... Quand il a entendu dire que les Alpes qui défendent l'Italie étaient envahies par un ennemi barbare, il a mieux aimé se mettre en danger lui-même en quittant la Gaule, que de ne pas partager nos périls. Voilà le crime d'un empereur : c'est d'avoir voulu venir au secours de l'empire ^ » Puis tout de suite, écartant lui-même l'idée qu'il avait fait naître, il parlait avec ménagement d'x\rbogast et regrettait de n'être pas arrivé à temps en Gaule pour apaiser les différends qui pouvaient exister entre le souverain et son ministre : « Excellent jeune homme, disait-il, plût à Dieu que je t'eusse trouvé vivant î..^ Je ne me promets rien ni de ma vertu ni de mon génie; mais quel soin j'aurais apporté à rétablir entre toi et le cornte ton ministre la concorde et la confiance! Avec quelle ardeur je me serais porté garant pour toi... Et si je n'avais pas réussi à convaincre le comte, je serais resté auprès de toi... Ah! s'écriait-il, se reportant avec tiistesse vers les souvenirs de ses précédents voyages, entrepris pour le service de celui qu'il pleurait aujuur-*