s. Amb., de Obit. Theod., 7, p. 1200 — Théod., v
DERNIÈRE LUTTE DU PAGANISME. iOo
amenât sur-le-champ les deux principaux coupables *. On n'eut pas de peine à trouver Eugène : il était encore, tout étourdi, sur l'éminence où il avait placé sa tente, et môme, dit-on, ne comprenant rien à ce qui se passait, il y attendait toujours qu'on lui amenât Tiiéodose. Quand il vit accourir auprès de lui, tout hors d'haleine, quelques-uns des gens qu'il était accoutumé à regarder comme les siens: « Eh! bien, dit- il, vous le tenez. Est-il bien enchaîné? » Sans lui répondre, on lui passa à lui-même la corde autour des pieds et des mains, et on l'amena sur le chami) <^«^ bataille, où le vainqueur l'attendait dans toute Texaltation du triomphe. « Vous voilà , dit Thécnlose : Hercule vous a donc laissé prendre ! Invoquez-le maintenant, et qu'il vous secoure. » Et comme le pauvre rhéteur fléchissait le genou en suppliant, et allait appeler à son aide toutes les ressources de son ancien métier, un soldat passant par derrière lui frappa la nuque et le décapita d'un coup de sabre. La tète fut ensuite promenée au bout d'une pique, à travers les rangs ou plutôt la mêlée des soldats. Le même sort attendait Arbogasf, mais il avait disparu. On sut qu'il
1. Rufin. — Soc. — Soz. — P. Orose, loc. cit. — S. Aug.,de C v. Dei, V, 26. — Cla!id.,.rfè m-t. cons. Hoiu, v, 93 et suiv.
Galidis Aquilo dei monte procellls Obruit adversas acies, revolutaque tela Vinlit in auctoi-es et turbine roppiilit bastns. O nimium dilecte Deo, ciii fundit ab antris yEuIus armalas hiemes, cui militât œther Ufccoiijurati.veiiiunt ad classica veutil
avait dirigé sa fuite vers les montagnes, mais on retrouva peu de jours après son cadavre transpercé de son épée par sa propre main *.
Comme Théodose avait tout demandé à Dieu avantle combat, il ne perdit pas un moment pour lui tout rapporter après la victoire. C'était pour le Christ seul qu'il avait combattu : ce fut au nom et pour la gloire du Christ aussi seulement qu'il voulut triompher. D'abord on fit disparaître sans délai les insignes païens; les images d'Hercule furent foulées aux pieds, et les statues de Jupiter furent mises en pièces, a Voilà les éclals de la foudre, » dirent les courtisans en voyant voler de toutes parts des fragments d'or ou de métal précieux. « Nous aimerions fort à être foudroyés de la sorte. » Et Théodose leur permit, en riant, de ramasser et de mettre en poche tous les débris de quelque valeur.
Mais il lui fallait trouver quelques témoignages à la fois plus sérieux et plus éclatants de sa reconnaissance : et, pour faire ce choix, avant tout il voulut consulter Ambroise. Dès le soir même du combat, à peine rentré sous sa tente, il lui écrivit. Seulement, il ne savait où lui faire parvenir sa lettre ; car il avait été informé qu'Ambroise avait quitté Milan, et le lieu de sa retraite ne lui était pas connu. Un courrier fut dépêché avec ordre de l'aller chercher partout où on pourrait soup-