‹ L'Église et l'Empire romain au IVe siècle (volume 2)Chapitre 88 sur 135 · Théod. — Soc. — Soz. — Rufin. — Zos.— P. Orose, loc. cit · texte numérisé non relu

Théod. — Soc. — Soz. — Rufin. — Zos.— P. Orose, loc. cit

çonner qu'il se fiil retiré. La recherche ne fut pas longue. Ambroise était tout simplement à Milan, au palais épiscopal, où il était rentré dès le lendemain du départ d'Eugène pour l'armée. Ce fut là qu'il reçut, coup sur coup, la nouvelle du combat et la lettre de l'empereur.

Son cœur fut inondé d'une joie sans bornes. Jamais ses sentnnents de Romain et de chrétien, si intimement mêlés dans son âme, ne s'épanchèrent avec plus d'effusion que dans les termes brûlants de sa réponse. Peutêtre même l'évêque fît-il dans sa joie plus de part que l'empereur à la patrie terrestre, au bonheur de voir Rome arrachée aux mains d'un usurpateur barbare. <( Yous me croyiez parti, écrivait-il, mais j'avais plus do confiance dans votre courage et dans votre mérite. Je n'ai jamais douté que le secours céleste ne répouilil à votre piété et ne vous aidât à délivrer l'empire romain des mains de ce barbare. Je suis donc revenu en liâte dès que je n'ai plus eu chance de rencontrer celui que je voulais éviter, car je n'avais jamais eu dessein d'abandonner l'Église que Dieu m'a confiée, mais seulement de fuir le contact d'un sacrilège. Je suis ici depuis la fin d'août

« Vous voulez donc que je rende grâces à Dieu de votre victoire, et bien volontiers je vais le faire. Une hostie offerte en votre nom est sûre de plaire à Dieu... D'autres empereurs commandent des arcs de triomphe : vous demandez, vous, que des sacrifices et une action de grâces soient offerts à Dieu par la main de ses

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prêlres. Bien qu'indigne d'être l'inlerprète de tels vœux, je vous dirai pourtant ce que j'ai l'ait. J'ai porté votre lettre à l'autel, et je l'y ai déposée; je Tai tenue en main en offrant le saint sacrifice, pour que ce fût votre foi qui parlât par ma bouche, et que le rescrit impérial lui-même me tint lieu d'offrande. Oui vraiment, Dieu regarde d'un œil favorable l'empire de Rome, puisqu'il lui a donné un tel prince, un tel père, dont la vertu, paivenue à un tel point de jîrandeur, est cependant tellement contenue par l'humilité, qu'il passe en vertu tous les empereurs et en iiumililé tous les prêtres. Qu'ai-je de plus à désirer? quel vœu former? Tout se réunit en vous : je trouve chez vous le plein accomplissement de tous mes souiiails '. »

Répondant alors plus particulièrement à la question de Théodose, il lui conseillait tout simplement de témoigner la vivacité de sa reconnaissance envers Dieu par un déploiement inusité de clémence envers les vaincus. Le conseil fut suivi, et à la lettre. A part les deux victimes du premier jour, il n'y en eut aucune autre. Le fait ne serait pas croyable si les témoignages n'étaient unanimes pour l'affirmer. Un secrétaire d'État fut dépêché du camp même pour aller porter à Milan -un acte général d'amnistie. Ce fut dans l'église qu'on dut le lire, car c'était là que, par instinct, tous ceux

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